{"id":10946,"date":"2017-06-12T11:19:44","date_gmt":"2017-06-12T11:19:44","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=10946"},"modified":"2017-06-18T11:38:18","modified_gmt":"2017-06-18T11:38:18","slug":"art-boulevardise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=10946","title":{"rendered":"Art boulevardis\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Art de Yasmina Reza<\/p>\n<p><span class=\"dates-evenement\">\u00a01er juin &#8211; 30 juillet<\/span> &#8211;<span class=\"lieu-evenement\">\u00a0Teatro Pavon, Madrid<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_10949\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-10949\" class=\"size-full wp-image-10949\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/arte-escena.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"322\" data-id=\"10949\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/arte-escena.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/arte-escena-78x50.jpg 78w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-10949\" class=\"wp-caption-text\">Roberto Enriquez &#8211; Marcos, Cristobal Suarez- Sergio, Jorge Uson- Ivanw<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art, la grande pi\u00e8ce de Yasmina Reza dont on n&rsquo;oubliera jamais la magistrale cr\u00e9ation en 1994 \u00e0 Paris par Patrice Kerbrat avec trois acteurs virtuoses de la partition dramatique : Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en Espagne en 1998 par Josep Maria Flotats. C&rsquo;\u00e9tait un succ\u00e8s qui reste toujours une r\u00e9f\u00e9rence. 19 ans apr\u00e8s Miguel del Arco, dramaturge un des plus remarquables metteurs en sc\u00e8ne de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration et depuis un an directeur du Teatro Pavon \u00e0 Madrid, s&rsquo;affronte \u00e0 c\u00e9l\u00e8bre Art de Reza. Sa cr\u00e9ation \u00e9tait tr\u00e8s attendue. On esp\u00e9rait une rencontre au sommet entre cette pi\u00e8ce embl\u00e9matique de Reza et la lecture sc\u00e9nique, \u00e0 priori int\u00e9ressante, propos\u00e9e par del Arco.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais c&rsquo;est une d\u00e9ception sur toute la ligne. La finesse, l&rsquo;ironie subtile, le tissu musical, les ambigu\u00eft\u00e9s des personnages, tout cela est sold\u00e9, ramen\u00e9 \u00e0 une divertissante com\u00e9die de boulevard. Dans sa lecture de Art Miguel del Arco d\u00e9place le centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la pol\u00e9mique sur l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art et les crit\u00e8res de sa valeur impos\u00e9s par la mode et le march\u00e9, largement comment\u00e9e depuis des ann\u00e9es, sur la relation entre les trois amis. La pol\u00e9mique sur le tableau blanc achet\u00e9 par Sergio est un pr\u00e9texte pour questionner leur amiti\u00e9 de longue date et sa r\u00e9sistance au changement de vie et aux orientations de chacun d&rsquo;eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Son approche de la pi\u00e8ce peut se r\u00e9sumer ainsi : une \u0153uvre d&rsquo;art controvers\u00e9e peut-elle mettre en question une relation d&rsquo;amiti\u00e9 ? Mais \u00e0 partir de l\u00e0 Miguel del Arco pose une s\u00e9rie de questions essentielles sur notre soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 r\u00e8gnent l&rsquo;hypocrisie et l&rsquo;imposture, qui n&rsquo;a pas ou ne prend pas le temps de r\u00e9flexion hors des normes et des id\u00e9es toutes faites. Une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle des pseudo-experts et auto-d\u00e9clar\u00e9s intellectuels d\u00e9cr\u00e8tent ce qui est art, pontifient et d\u00e9cident des valeurs, et o\u00f9 n&rsquo;importe qui peut donner son avis d\u00e9finitif, autoritaire, sur ce qu&rsquo;il conna\u00eet peu ou pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La pi\u00e8ce de Yasmina Reza a plusieurs strates de lecture, c&rsquo;est sa grandeur et sa richesse. Avec une ironie tr\u00e8s fine, une brillante et profonde intelligence, en partant de l&rsquo;achat d&rsquo;un tableau, une toile blanche avec \u00e0 peine perceptibles des lignes blanches, elle esquisse avec un humour fin et caustique un tableau \u00e0 la fois intimiste et embl\u00e9matique o\u00f9 les personnalit\u00e9s, les perceptions du monde, de la vie, de l&rsquo;amiti\u00e9, des valeurs \u00e9thiques et esth\u00e9tiques de trois amis se confrontent et s&rsquo;entrechoquent. Que signifie l&rsquo;art, l&rsquo;amiti\u00e9, la notion de la valeur, aujourd&rsquo;hui dans notre monde des amiti\u00e9s virtuelles, des \u00e9motions normalis\u00e9es, des valeurs interchangeables, relatives ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La pi\u00e8ce de Reza est une partition musicale avec des moments de trios, de duos et de solos, des commentaires, des apart\u00e9s de chacun des personnages. Une partition dont il faut respecter les rythmes, les tempi, les tonalit\u00e9s, les pauses, les reprises de th\u00e8mes et de motifs. De m\u00eame le sch\u00e9ma sc\u00e9nique est donn\u00e9 avec le tableau, objet de controverse install\u00e9 dans un salon. Miguel del Arco y est fid\u00e8le. Sur sc\u00e8ne trois chaises \u00e0 droite, au fond un grand cadre gris qui s&rsquo;ouvre \u00e0 la fin sur l&rsquo;ext\u00e9rieur o\u00f9 tombe la neige, \u00e9vocation de la blancheur, d&rsquo;un paysage d&rsquo;enfance (Costumes et d\u00e9cors Alessio Messoni). Au d\u00e9but du spectacle Sergio apporte le tableau, une toile blanche et met des gants blancs pour l&rsquo;installer sur un chevalet. Puis tout au long de leur d\u00e9bat sur l&rsquo;art et le tableau les trois amis le manipulent et le d\u00e9placent. Avec un sens parfait de la dramaturgie de l&rsquo;espace Miguel del Arco organise les mouvements, les rapprochements et les \u00e9loignements des acteurs, cr\u00e9e une topographie des tensions dans les rapports entre les personnages. Leurs apart\u00e9s face au public sont marqu\u00e9s syst\u00e9matiquement par le son d&rsquo;une clochette et le coup de projecteur sur l&rsquo;acteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il imprime un rythme rapide, parfois acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 dans les moments d&rsquo;affrontements avec une gestuelle r\u00e9p\u00e9titive d&rsquo;une violence excessive, d\u00e9monstrative. L&rsquo;humour subtil, l&rsquo;ironie subversive de Yasmina Reza, prend souvent une allure grotesque, appuy\u00e9e. Les ambigu\u00eft\u00e9s des personnages, l&rsquo;\u00e9volution des rapports entre eux sont marqu\u00e9s \u00e0 gros traits. Au fur et \u00e0 mesure que le spectacle avance le ton boulevardesque prend le dessus. Certains \u00e9changes entre les personnages cri\u00e9s rendent le texte inintelligible. Dommage car la traduction de Fernando Gomez Grande et de Rodolf Sirera fait r\u00e9sonner remarquablement sa musicalit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut attendre les deux derni\u00e8res minutes du spectacle pour retrouver l&rsquo;essence et l&rsquo;esprit, \u00e0 la fois la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et la profondeur de la pi\u00e8ce de Yasmina Reza.<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photo: Vanessa Rabade<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Art de Yasmina Reza \u00a01er juin &#8211; 30 juillet &#8211;\u00a0Teatro Pavon, Madrid \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art, la grande pi\u00e8ce de Yasmina Reza dont on n&rsquo;oubliera jamais la magistrale cr\u00e9ation en 1994 \u00e0 Paris par Patrice Kerbrat avec trois acteurs virtuoses de la partition dramatique : Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en Espagne &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-10946","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10946","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10946"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10946\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10946"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10946"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10946"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}