{"id":11000,"date":"2017-06-18T14:36:10","date_gmt":"2017-06-18T14:36:10","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=11000"},"modified":"2017-06-23T14:43:59","modified_gmt":"2017-06-23T14:43:59","slug":"cet-indefinissable-desir-daimer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=11000","title":{"rendered":"Cet ind\u00e9finissable d\u00e9sir d&rsquo;aimer"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">\u00a030 mai &#8211; 20 juin 2017<\/span> &#8211;\u00a0<span class=\"lieu-evenement\">Teatro Pavon Kamikaze, Madrid \u00a0(et en tourn\u00e9e)<\/span><\/p>\n<p><em>Anna Karenina\u00a0de Armin Petras; mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie \u00a0Francesco Carril<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-11001\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine4.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"337\" data-id=\"11001\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine4.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine4-74x50.jpg 74w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 Armin Petras (1964) auteur et metteur en sc\u00e8ne allemand travaillant dans les plus grands th\u00e9\u00e2tres de son pays, prend dans sa pi\u00e8ce comme point de r\u00e9f\u00e9rence le c\u00e9l\u00e8bre roman russe <em>Anna Karenina<\/em> de L\u00e9on Tolsto\u00ef pour questionner, depuis la perspective d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, le sentiment de l&rsquo;amour, sa qu\u00eate insatiable, ses avatars, ses paradoxes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Une grande pi\u00e8ce que nous fait d\u00e9couvrir Francesco Carill, jeune metteur en sc\u00e8ne de grand talent, d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre et au cin\u00e9ma, qui a une grande carri\u00e8re devant lui.\u00a0Dans son spectacle avec 7 remarquables acteurs, il circonscrit magistralement le labyrinthe passionnel et la qu\u00eate des personnages de ce qu&rsquo;on appelle amour, qui tel l&rsquo;horizon s&rsquo;\u00e9loigne d\u00e8s qu&rsquo;on croit l&rsquo;approcher. Mais n&rsquo;est-il pas plut\u00f4t le chemin que le but.\u00a0Un spectacle superbe qui propose une vision prismatique de l&rsquo;ind\u00e9finissable et de l&rsquo;inatteignable amour. C&rsquo;est comme si la quintessence du roman tolsto\u00efen \u00e9tait saisie et trac\u00e9e par Kandinsky.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-11002\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine2.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"337\" data-id=\"11002\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine2.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/anna-karenine2-74x50.jpg 74w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 Faisant abstraction de la description tr\u00e8s minutieuse de la soci\u00e9t\u00e9 russe de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX s.et de la psychologie d\u00e9taill\u00e9e que fait Tolsto\u00ef dans <em>Anna Karenina,<\/em> Armin Petras en pr\u00e9l\u00e8ve les sept personnages essentiels : Anna Karenina, son mari Karenine, Dolly, Stiva, Levin, Kitty, Vronsky et en faisant juste quelques allusions \u00e0 leurs situations sociales, se concentre sur le point n\u00e9vralgique qui les unit : la soif d&rsquo;amour, la profonde addiction au bonheur individuel.\u00a0Ainsi cr\u00e9e-t-il une sorte de topographie passionnelle autour de la puissante et r\u00e9ciproque attraction entre Anna Karenina et Vronsky qui conduit de la lutte d&rsquo;Anna pour r\u00e9sister \u00e0 sa passion, la trahison envers son mari, l&rsquo;abandon de son enfant, son d\u00e9part avec Vronsky \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, \u00e0 l&rsquo;usure amoureuse, aux remords et au suicide.\u00a0 \u00a0Sur cet axe se d\u00e9clinent diverses formes et exp\u00e9riences amoureuses : la lente ruine du bonheur de Karenine, Levin qui perd Kitty, l&rsquo;amour de sa vie, la tentative de Stiva de reconqu\u00e9rir Dolly apr\u00e8s son infid\u00e9lit\u00e9.\u00a0Dans cet espace concentr\u00e9 de relations amoureuses, Armin Petras pose une s\u00e9rie de questions auxquelles ni les protagonistes de la pi\u00e8ce ni nous n&rsquo;avons de r\u00e9ponses. Comment dire, nommer, l&rsquo;amour qui \u00e9chappe aux paroles ?\u00a0L&rsquo;amour, en apparence mort, ne survit-il pas en nous en d\u00e9pit de notre volont\u00e9 ? Ne se confond-il pas avec celui qui lui succ\u00e8de ? Peut-on aimer deux personnes \u00e0 la fois de fa\u00e7on diff\u00e9rente ?Que signifie aimer, l&rsquo;amour, au-del\u00e0 de ses connotations triviales, des clich\u00e9s \u00e9rotiques ? L&rsquo;amour nous rend-t-il plus libres ? D&rsquo;autres questions encore sur la fin de l&rsquo;amour et ses cons\u00e9quences, sur la lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e pour le retenir, surgissent dans cette vivisection d&rsquo;un sentiment qui n&rsquo;appartient pas \u00e0 la sph\u00e8re de la r\u00e9alit\u00e9.\u00a0Sur sc\u00e8ne juste quatre chaises de chaque c\u00f4t\u00e9 avec derri\u00e8re elles des portants pour les costumes de diverses \u00e9poques du XXe s. \u00c0 droite du plateau une table qu&rsquo;on d\u00e9place, qui sert de lit pour Anna Karenina malade, de tableau sur lequel les acteurs dessinent ou \u00e9crivent des initiales de mots que les personnages n&rsquo;arrivent pas \u00e0 trouver. Belle image de l&rsquo;impuissance du langage pour d\u00e9finir l&rsquo;amour.\u00a0Francesco Carril qualifie sa mise en sc\u00e8ne comme une \u00ab investigation quasi arch\u00e9ologique de ce que signifie aimer \u00bb. Il recourt \u00e0 une strat\u00e9gie d&rsquo;exploration consistant \u00e0 convoquer sur sc\u00e8ne des personnages qui revivent des moments de leur vie, en les analysant et en commentant en m\u00eame temps, \u00e0 la troisi\u00e8me personne leurs r\u00e9actions.\u00a0Parfois le commentaire est fait par un autre personnage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-11003\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/annakarenin4.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" data-id=\"11003\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/annakarenin4.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/annakarenin4-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 Ainsi dans ce constant va-et-vient entre la sensation, l&rsquo;action directe propre et le regard d&rsquo;autrui, les protagonistes tentent-ils de comprendre ce qu&rsquo;ils ressentent et qui sont-ils.Le son d&rsquo;un petit gong dans les premi\u00e8res et derni\u00e8res s\u00e9quences scande l&rsquo;avanc\u00e9e dramatique et le passage du temps. Francesco Carril fait preuve non seulement d&rsquo;un remarquable sens de la dramaturgie de l&rsquo;espace, mais encore de son art de mettre en \u0153uvre diverses formes de distanciation et de recourir \u00e0 de tr\u00e8s br\u00e8ves interventions de la voix off, comme une sorte de \u00ab super narrateur \u00bb.La dramaturgie des \u00e9clairages de Joachim Navamuel, les s\u00e9quences dans le noir qui potentialise la parole, les contrastes de lumi\u00e8res qui ciblent un personnage ou une situation, contribue \u00e0 cr\u00e9er et \u00e0 moduler les tensions dramatiques.\u00a0Les citations de divers types de musique, en rapport avec la th\u00e9matique du spectacle, chansons contemporaines, \u00ab\u00a0Una furtiva lagrima\u00bb de Donizetti, etc. conf\u00e8rent \u00e9galement un caract\u00e8re intemporel \u00e0 l&rsquo;histoire.\u00a0Le rythme rapide d&rsquo;encha\u00eenement des s\u00e9quences qui parfois s&rsquo;imbriquent, le registre de tons, du dramatique \u00e0 l&rsquo;ironie, l&rsquo;auto ironie, l&rsquo;humour et la d\u00e9rision dans le jeu des acteurs, pr\u00e9cis, travaill\u00e9, sculpt\u00e9 au millim\u00e8tre, sont quelques-unes des qualit\u00e9s de ce spectacle hypnotisant.\u00a0Tous les acteurs sont excellents mais Mamen Camacho brille particuli\u00e8rement en Anna Karenina, une femme qui tente d&rsquo;\u00eatre libre, de vivre sa vie et avant tout l&rsquo;amour v\u00e9ritable. M\u00eame si elle \u00e9choue elle a tout de m\u00eame pris un envol vers l&rsquo;inatteignable, l&rsquo;indicible.\u00a0Ses derni\u00e8res paroles \u00e0 la fois la phrase cl\u00e9, finale, inachev\u00e9e est encore une tentative de nommer l&rsquo;innommable : \u00ab l&rsquo;amour, l&rsquo;amour c&rsquo;est\u2026 l&rsquo;amour c&rsquo;est\u2026 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cr\u00e9dit photo:\u00a0Pablo G\u00e1mez<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a030 mai &#8211; 20 juin 2017 &#8211;\u00a0Teatro Pavon Kamikaze, Madrid \u00a0(et en tourn\u00e9e) Anna Karenina\u00a0de Armin Petras; mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie \u00a0Francesco Carril \u00a0 \u00a0 Armin Petras (1964) auteur et metteur en sc\u00e8ne allemand travaillant dans les plus grands th\u00e9\u00e2tres de son pays, prend dans sa pi\u00e8ce comme point de r\u00e9f\u00e9rence le c\u00e9l\u00e8bre roman &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":4,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-11000","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11000","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11000"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11000\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11000"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11000"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11000"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}