{"id":11189,"date":"2017-08-10T17:17:49","date_gmt":"2017-08-10T17:17:49","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=11189"},"modified":"2017-08-12T22:53:50","modified_gmt":"2017-08-12T22:53:50","slug":"le-festival-dalmada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=11189","title":{"rendered":"Le Festival d&rsquo;Almada"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0<span class=\"dates-evenement\">4 au 18 juillet 2017<\/span> &#8211; \u00a0 <span class=\"lieu-evenement\">34e Festival International de Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Almada, Portugal<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_11195\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-11195\" class=\"size-full wp-image-11195\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almagrotchaikovsky.jpg\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"342\" data-id=\"11195\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almagrotchaikovsky.jpg 490w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almagrotchaikovsky-72x50.jpg 72w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><p id=\"caption-attachment-11195\" class=\"wp-caption-text\">La pierna izquierda de Tcha\u00efkovski (La jambe gauche de Tcha\u00efkovski) de Tiago Rodrigues<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 la crois\u00e9e des formes, des genres, des expressions sc\u00e9niques, des courants esth\u00e9tiques, parfois transgressifs, le Festival International de Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Almada offre un panorama tr\u00e8s vaste de la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale portugaise et internationale. Leur implication dans les probl\u00e9matiques concr\u00e8tes de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle et les propositions novatrices d&rsquo;approche des textes sont les principes de s\u00e9lection des spectacles. Parmi les spectacles invit\u00e9s venant de l&rsquo;\u00e9tranger des cr\u00e9ations de France, Argentine, Norv\u00e8ge, Belgique, Roumanie, Angleterre, Isra\u00ebl, Italie, Suisse, Espagne. \u00c0 la demande du public une nouvelle ligne se dessine dans l&rsquo;\u00e9dition 2017 du Festival avec la programmation de plusieurs spectacles de petit format qui permettent un rapport de proximit\u00e9 entre les interpr\u00e8tes et les spectateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le coup d&rsquo;envoi du festival d&rsquo;Almada a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le spectacle \u00ab m\u00e9lo burlesque \u00bb Bigre de la compagnie fran\u00e7aise Le fils du grand r\u00e9seau, Prix Moli\u00e8re 2014 de la meilleure com\u00e9die. Trois excellents acteurs Agathe L&rsquo;Huillier, Olivier Martin-Salvan, Pierre Guillois, \u00e0 travers le langage gestuel et visuel avec juste quelques phrases en voix off, brossent quelques fragments du quotidien des personnages vivants dans de petits appartements voisins : un adepte des nouvelles technologies, maniaque de la propret\u00e9, un collectionneur de d\u00e9chets, d\u00e9sordonn\u00e9 qui dort dans un hamac, une jeune femme qui vit de petits jobs.\u00a0\u00a0\u00a0Leurs vies respectives, trac\u00e9es avec un humour d\u00e9lirant, irr\u00e9sistible, depuis les petites actions quotidiennes, triviales jusqu&rsquo;\u00e0 leurs aspirations profondes et projets d&rsquo;avenir, ne sont que des encha\u00eenements de ratages et de catastrophes. Ce trio tente de tromper leur solitude, leur d\u00e9sarroi, le vide par toutes sortes de jeux et des occupations frivoles et inutiles. C&rsquo;est une magnifique fresque en miniature de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle connect\u00e9e \u00e0 tout et d\u00e9connect\u00e9e du sens de la vie, trac\u00e9e avec virtuosit\u00e9 dans un langage visuel original qui synth\u00e9tise diverses formes de burlesque, les emprunts au cin\u00e9ma muet ou \u00e0 celui de Tati ou encore au th\u00e9\u00e2tre de J\u00e9r\u00f4me Deschamps de sa premi\u00e8re et belle \u00e9poque.<\/p>\n<div id=\"attachment_11191\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-11191\" class=\"wp-image-11191 size-full\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hedda-gabler02-640x425.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"332\" data-id=\"11191\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hedda-gabler02-640x425.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/hedda-gabler02-640x425-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-11191\" class=\"wp-caption-text\">Hedda Gabler de la compagnie norv\u00e9gienne Visjoner Teater<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Parmi les spectacles \u00ab petits format \u00bb\u00a0on pouvait voir Hedda Gabler de la compagnie norv\u00e9gienne Visjoner Teater, r\u00e9invit\u00e9 \u00e0 la demande du public, Svaboda (Libert\u00e9) cr\u00e9ation collective de la compagnie argentine de Buenos Aires et Ela diz (Elle dit) de la compagnie portugaise Teatro do Garagem. L&rsquo;originalit\u00e9 de Hedda Gabler mise en sc\u00e8ne par Juni Dahr qui interpr\u00e8te le r\u00f4le titre, consiste uniquement en ce que le spectacle est jou\u00e9 partout, dans des lieux non th\u00e9\u00e2traux, en l&rsquo;occurrence \u00e0 Almada dans une petite maison particuli\u00e8re donnant sur un jardin qui faisait partie de l&rsquo;aire de jeu. Un espace entour\u00e9 de plain-pied par les spectateurs. Comme uniques \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques : une chaise et des valises. Pas de son ni d&rsquo;\u00e9clairages. Bref un spectacle \u00ab nature \u00bb qui finalement se d\u00e9finit en termes n\u00e9gatifs : manque de lecture et d&rsquo;approche du texte ibs\u00e9nien, une mise en sc\u00e8ne au ras du sol, manque de direction des acteurs qui pour couronner le tout jouent dans le plus pesant style naturaliste. Ce en quoi Ibsen n&rsquo;est pas toujours bien servi par ses compatriotes.\u00a0Autre d\u00e9ception dans la section des petites formes Svaboda (Libert\u00e9), texte et mise en sc\u00e8ne de Bernardo Cappa. Histoire de deux \u00e9migr\u00e9s russes vivant dans un quartier pauvre de la pampa argentine dont la vache est \u00e9cras\u00e9e par un camion. La pi\u00e8ce est centr\u00e9e sur l&rsquo;affrontement du couple d&rsquo;\u00e9migr\u00e9s russes et de l&rsquo;agent de l&rsquo;assurance du camion qui s&rsquo;ach\u00e8ve par un coup de th\u00e9\u00e2tre. La trame r\u00e9unit tous les clich\u00e9s sur les vies rat\u00e9es et les ressorts du th\u00e9\u00e2tre argentin du r\u00e9alisme grotesque des ann\u00e9es 1960, 1970. La mise en sc\u00e8ne au premier degr\u00e9, le d\u00e9cor tr\u00e8s r\u00e9aliste et le jeu des acteurs qui donne dans le psychodrame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ela diz (Elle dit), texte et mise en sc\u00e8ne de Carlos Pessoa, un spectacle minimaliste : deux personnages, une table et deux chaises, des projections tr\u00e8s bien utilis\u00e9es, est une pi\u00e8ce tr\u00e8s dense, troublante et saisissante, o\u00f9 s&rsquo;affrontent une m\u00e8re et sa fille. \u00c0 travers leurs accusations r\u00e9ciproques, les tensions accumul\u00e9es durant les ann\u00e9es qui se d\u00e9lient peu \u00e0 peu, se r\u00e9v\u00e8lent les secrets enfouis. Deux actrices rendent magnifiquement l&rsquo;intensit\u00e9 et le registre \u00e9motionnel du texte.<\/p>\n<div id=\"attachment_11197\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-11197\" class=\"size-full wp-image-11197\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almadahistoria.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"336\" data-id=\"11197\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almadahistoria.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/almadahistoria-74x50.jpg 74w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-11197\" class=\"wp-caption-text\">Historia do cerco de Lisboa (L&rsquo;histoire du si\u00e8ge de Lisbonne) mis en sc\u00e8ne par Ignacio Garcia<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Historia do cerco de Lisboa (L&rsquo;histoire du si\u00e8ge de Lisbonne) d&rsquo;apr\u00e8s le roman du prix Nobel de litt\u00e9rature, Jos\u00e9 Saramago, \u00e9crit en 1989, adapt\u00e9 par Jose Gabriel Antu\u00f1ano et mis en sc\u00e8ne par le c\u00e9l\u00e8bre metteur en sc\u00e8ne espagnol Ignacio Garcia, \u00e9tait un des \u00e9v\u00e9nements du festival. Une pi\u00e8ce qui s&rsquo;articule sur des r\u00e9flexions sur les m\u00e9canismes de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, la relation de la fiction et de la r\u00e9alit\u00e9 en faisant s&rsquo;interf\u00e9rer deux niveaux de narration &#8211; action : historique et actuel, celui de l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;histoire dans une fiction litt\u00e9raire et du regard port\u00e9 sur celle-ci par le correcteur et l&rsquo;\u00e9diteur de l&rsquo;\u0153uvre. Une th\u00e9matique complexe sur laquelle se greffent de multiples questions et points de vue : sur la manipulation de l&rsquo;histoire, est-elle une science ou une fiction ? la v\u00e9rit\u00e9 historique existe-t-elle ? n&rsquo;est-elle qu&rsquo;une interpr\u00e9tation subjective de l&rsquo;historien qui s\u00e9lectionne des faits, des dates, \u00e0 partir de documents dont il dispose ? la fiction litt\u00e9raire n&rsquo;est-elle pas en d\u00e9finitive une des versions possibles de l&rsquo;histoire ? Le n\u0153ud de la pi\u00e8ce dans l&rsquo;adaptation de Jos\u00e9 Gabriel Antu\u00f1ano est le simple mot \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb que le correcteur du roman de Saramago introduit en changeant ainsi le sens de l&rsquo;histoire, en l&rsquo;occurrence niant l&rsquo;aide des Templiers au roi Afonso Henriques assi\u00e9geant Lisbonne (1147) pour reprendre la ville aux maures. Dans son adaptation du roman, construite sur le mode du th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre, Jos\u00e9 Gabriel Antu\u00f1ano introduit l&rsquo;auteur du roman Jos\u00e9 Saramago qui dialogue avec le correcteur Raimundo Silva et quelques autres personnages historiques et du pr\u00e9sent, responsable de la maison d&rsquo;\u00e9dition, ainsi que l&rsquo;intrigue amoureuse. Neuf acteurs jouent plusieurs personnages en changeant juste quelques \u00e9l\u00e9ments de costumes suspendus sur les portants des deux c\u00f4t\u00e9s du plateau. Sur sc\u00e8ne un grand gradin, au fond des livres et une biblioth\u00e8que. Sur le cyclorama au fond sont projet\u00e9s des dates, des brefs textes, des images qui contextualisent les actions, les compl\u00e8tent ou dialoguent avec le jeu. Dans sa mise en sc\u00e8ne Ignacio Garcia impulse une formidable dynamique au jeu tissant les diverses dimensions temporelles, conjuguant le r\u00e9cit et les dialogues, faisant s&rsquo;interf\u00e9rer les points de vue sur l&rsquo;histoire et sa vision litt\u00e9raire. Un grand spectacle intelligent et po\u00e9tique qui nous oblige \u00e0 r\u00e9viser nos certitudes, nos regards sur la r\u00e9alit\u00e9 et les faits donn\u00e9s pour vrais.<\/p>\n<div id=\"attachment_11192\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-11192\" class=\"size-full wp-image-11192\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/bovarurodrigues4.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"312\" data-id=\"11192\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/bovarurodrigues4.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/bovarurodrigues4-80x50.jpg 80w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-11192\" class=\"wp-caption-text\">Bovary, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Paris au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tiago Rodrigues, directeur du Th\u00e9\u00e2tre National de Lisbonne, metteur en sc\u00e8ne adul\u00e9 au Portugal, \u00e0 la mode en ce moment en France o\u00f9 il a cr\u00e9\u00e9 son spectacle Bovary, Prix de la Critique 2016, a pr\u00e9sent\u00e9 au festival deux spectacles : Bovary, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Paris au Th\u00e9\u00e2tre de la Bastille et La pierna izquierda de Tcha\u00efkovski (La jambe gauche de Tcha\u00efkovski) une magnifique fusion de th\u00e9\u00e2tre et de danse. Deux versants du travail de Tiago Rodrigues, diam\u00e9tralement oppos\u00e9s. Dans Bovary Rodrigues s&rsquo;inspire dans sa dramaturgie du roman de Flaubert et du proc\u00e8s fait \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain accus\u00e9 d&rsquo;atteinte \u00e0 la morale \u00e0 la suite de la publication du roman. Il recourt au proc\u00e9d\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre en mettant les sc\u00e8nes de Madame Bovary en ab\u00eeme du proc\u00e8s qui se d\u00e9roule devant nous. Le public d&rsquo;ailleurs est inclus dans le spectacle en tant qu&rsquo;assistances au proc\u00e8s. \u00c0 certains moments Flaubert et les avocats s&rsquo;adressent aux spectateurs. La sc\u00e9nographie simpliste, illustrative : de grandes et de petites loupes et lentilles suspendues dans des cadres en bois, image redondante de ce qui se dit sur le plateau : \u00ab passer \u00e0 la loupe le roman \u00bb. Au fond un tabouret, escabeau, tables, bureau, le sol couvert de feuilles de papier abondamment sem\u00e9es par les acteurs pendant que le public entre dans la salle. Le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 : lancement de feuilles, se r\u00e9p\u00e9tera encore pendant le spectacle. Image insistante de l&rsquo;\u00e9pluchage feuille par feuille du roman mis en pi\u00e8ces. Tout au long du spectacle on souligne les effets, au cas o\u00f9 un spectateur attard\u00e9 n&rsquo;aurait pas compris. Trois plans s&rsquo;interf\u00e8rent : Flaubert lisant sa lettre \u00e0 son ami dans laquelle il lui raconte le proc\u00e8s, le d\u00e9roulement du proc\u00e8s avec Flaubert et les avocats de l&rsquo;accusation et de la d\u00e9fense, dans lequel s&rsquo;intercalent syst\u00e9matiquement des sc\u00e8nes du roman repr\u00e9sent\u00e9es, introduites par des citations du texte par l&rsquo;avocate de l&rsquo;accusation qui chaque fois indique la page. On traverse ainsi plus de 400 pages de Madame Bovary. J&rsquo;ajoute que le spectacle commence \u00e9galement par un long r\u00e9sum\u00e9 du roman. Est-ce n\u00e9cessaire ? Tous les personnages, protagonistes du proc\u00e8s et du roman, sauf Madame Bovary (Alma Palacios) et Flaubert (Jacques Bonaf\u00e9), sont jou\u00e9s par trois acteurs. Jacques Bonaf\u00e9 fait montre de son \u00e9locution particuli\u00e8re qui ne facilite pas la compr\u00e9hension du texte surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, certains acteurs, dont l&rsquo;avocate, articulent mal. Le jeu est souvent outr\u00e9, d\u00e9monstratif. Je ne comprends pas pourquoi on fait de Charles Bovary un ben\u00eat. Les costumes d&rsquo;aspect contemporain cadrent mal avec l&rsquo;option dramaturgique de m\u00eame que les musiques contemporaines. La mise face-\u00e0-face de la loi, de la censure morale et de la litt\u00e9rature est trait\u00e9e de fa\u00e7on lin\u00e9aire, au premier degr\u00e9, sans aucune dimension m\u00e9taphorique alors que la probl\u00e9matique de la censure, de la justice agissant au nom du politiquement et moralement correct s\u00e9vissent aujourd&rsquo;hui dans nos soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, autant dans le domaine des arts que de la vie quotidienne. En revanche dans La pierna izquierda de Tcha\u00efkovski Tiago Rodrigues d\u00e9ploie son talent de dramaturge, de metteur en sc\u00e8ne et de chor\u00e9graphe en cr\u00e9ant une pi\u00e8ce dans\u00e9e d&rsquo;une rare beaut\u00e9 et po\u00e9sie. Le spectacle est con\u00e7u \u00e0 partir du dialogue de Tiago Rodrigues avec la danseuse \u00e9toile Barbora Hruskova sur ce que signifie pour elle le terme de sa carri\u00e8re de premi\u00e8re danseuse en 2014 a 42 ans. Sur le plateau au fond des glaces, une barre de danse, un piano, un r\u00e9sum\u00e9 dans une image, \u00e0 la fois concr\u00e8te et po\u00e9tique, de la vie de la danseuse dont on va retraverser la face cach\u00e9e, invisible pour le public. C&rsquo;est Barbora Hruskova elle-m\u00eame qui revisite, accompagn\u00e9e par le pianiste Mario Laginha, la m\u00e9moire invisible de sa carri\u00e8re : ses angoisses, ses doutes, les marques laiss\u00e9es dans son corps par des chutes, des contusion, survenues dans des \u0153uvres qu&rsquo;elle a interpr\u00e9t\u00e9. La dramaturgie sc\u00e9nique est un subtil tissage de la parole, de la musique et de la danse qui constitue une sorte de monologue ironique dans\u00e9, traversant les chor\u00e9graphies qui ont marqu\u00e9 sa carri\u00e8re, \u00e9voquant les blessures qu&rsquo;elles ont occasionn\u00e9. Ainsi par exemple la blessure \u00e0 la jambe gauche dans son interpr\u00e9tation du Lac des cygnes de Tcha\u00efkovski, plus une collection de douleurs qui correspondent \u00e0 d&rsquo;autres pi\u00e8ces qu&rsquo;elle a dans\u00e9e, dont les titres apparaissent sur un panneau noir au fond du plateau. La musique dialogue avec le monologue dans\u00e9 de Barbora Hruskova, ses mouvements pleins de gr\u00e2ce et de po\u00e9sie. On assiste ici \u00e0 un spectacle in\u00e9dit, l&rsquo;expression de l&rsquo;essence de l&rsquo;art o\u00f9 la beaut\u00e9 et la douleur ne font qu&rsquo;un.<\/p>\n<div id=\"attachment_11193\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-11193\" class=\"size-full wp-image-11193\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/meremoeder-c-hermansorgeloos-3637-hr.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"333\" data-id=\"11193\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/meremoeder-c-hermansorgeloos-3637-hr.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/meremoeder-c-hermansorgeloos-3637-hr-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-11193\" class=\"wp-caption-text\">Moerder (La m\u00e8re) de la compagnie Peeping Tom<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le courant post dramatique se situe Moerder (La m\u00e8re) de la compagnie Peeping Tom, deuxi\u00e8me volet d&rsquo;une trilogie dont la premi\u00e8re partie s&rsquo;intitule P\u00e8re et la troisi\u00e8me Enfant, cr\u00e9\u00e9e par l&rsquo;Argentine Gabriela Carrizo et le fran\u00e7ais Franck Chartier, vivant tous les deux \u00e0 Bruxelles. Le spectacle, qui croise le th\u00e9\u00e2tre, la danse et le cin\u00e9ma, \u00e0 grand renfort de musique, est un patchwork surr\u00e9alisant compos\u00e9 autour de la figure maternelle, depuis la naissance jusqu&rsquo;au deuil en passant par les th\u00e8mes de la maternit\u00e9, de l&rsquo;absence, du manque, du potentiel subconscient : d\u00e9sir, peur, souffrance, violence, que recouvre la figure de la m\u00e8re. La sc\u00e9nographie, un espace d&rsquo;un mus\u00e9e ou d&rsquo;une collection priv\u00e9e parsem\u00e9 de portraits et de photos de famille. Des effets faciles, r\u00e9p\u00e9titifs, qui divertissent souvent le public, des images disparates qui ne cr\u00e9ent pas de sens, la musique, tant\u00f4t path\u00e9tique, tant\u00f4t d\u00e9cha\u00een\u00e9e, sont quelques-uns des ingr\u00e9dients de ce spectacle puzzle que l&rsquo;on n&rsquo;arrive pas \u00e0 recomposer.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans la deuxi\u00e8me partie du Festival que je n&rsquo;ai pas vu h\u00e9las, \u00e9taient programm\u00e9s entre autres Golem de l&rsquo;excellentissime compagnie britannique \u00ab Compagnie 1927 \u00bb dont j&rsquo;appr\u00e9cie \u00e9norm\u00e9ment le travail, La mort du prince d&rsquo;apr\u00e8s des textes de Fernando Pessoa, Heiner Muller et Shakespeare mis en sc\u00e8ne par Ricardo Bol\u00e9o, Vangelo de Pipo Delbono, Une \u00eele flottante de Christoph Marthaler, cr\u00e9ation collective \u00e0 partir d&rsquo;une pi\u00e8ce de Labiche, et Gente comun (Les gens normaux) de Gianina Carbunariu.<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photo: Festival de Almada<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a04 au 18 juillet 2017 &#8211; \u00a0 34e Festival International de Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Almada, Portugal \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 la crois\u00e9e des formes, des genres, des expressions sc\u00e9niques, des courants esth\u00e9tiques, parfois transgressifs, le Festival International de Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Almada offre un panorama tr\u00e8s vaste de la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale portugaise et internationale. 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