{"id":11326,"date":"2017-09-02T18:02:01","date_gmt":"2017-09-02T18:02:01","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=11326"},"modified":"2017-09-05T20:55:25","modified_gmt":"2017-09-05T20:55:25","slug":"une-carmen-du-xxie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=11326","title":{"rendered":"Une Carmen du XXIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">31 ao\u00fbt &#8211; 17 septembre 2017<\/span>&#8211; <span class=\"lieu-evenement\">Teatros del Canal, Madrid<\/span><\/p>\n<p><strong>Carmen par Victor Ullate Ballet de la Communaut\u00e9 de Madrid<\/strong><\/p>\n<p><em>chor\u00e9graphie Victor Ullate; avec le Jeune Orchestre de la Communaut\u00e9 de Madrid sous la direction de Manuel Coves<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11328 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate1.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"356\" data-id=\"11328\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate1.jpg 450w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate1-63x50.jpg 63w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Victor Ullate, chor\u00e9graphe de g\u00e9nie, figure de la danse espagnole contemporaine, a r\u00e9sist\u00e9 longtemps \u00e0 s&rsquo;inscrire dans la post\u00e9rit\u00e9 du mythe de l&rsquo;indomptable gitane, lanc\u00e9 par Prosper M\u00e9rim\u00e9e, en rajoutant une version de plus \u00e0 l&rsquo;abondant r\u00e9pertoire lyrique et chor\u00e9graphique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Carmen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sa Carmen, aux antipodes des st\u00e9r\u00e9otypes, loin des topiques, des lieux communs et de tout l&rsquo;attirail folklorique et bigarr\u00e9 andalou, saisit l&rsquo;essence du mythe en proposant une vision de Carmen du XXIe s. dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. Dans son spectacle transgressant les limites du ballet, Victor Ullate transplante l&rsquo;histoire m\u00e9rim\u00e9enne de Carmen dans la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais, en l&rsquo;actualisant, recr\u00e9e un espace atemporel, m\u00e9taphorique, la quintessence m\u00eame du monde o\u00f9 r\u00e8gnent violence, plaisir, sexe, transgression de toutes sortes de normes. Une Carmen poly\u00e9drique, top mod\u00e8le, cover-girl, nymphomane insatiable et blas\u00e9e, qui, tout comme son entourage, m\u00e8ne une existence de pacotille certes glamour mais aussi dangereuse et surtout vide de sens. Alors que Carmen est consid\u00e9r\u00e9e comme symbole de libert\u00e9, le spectacle de Victor Ullate met en question cette libert\u00e9 qui est une fuite en avant, fuite de l&rsquo;ennui et qu\u00eate du nouveau, comp\u00e9tition dans la transgression. L&rsquo;\u00e9mancipation, le d\u00e9passement des r\u00e8gles \u00e9tablies ne sont pas des synonymes de libert\u00e9. Peut-\u00eatre une autre forme d&rsquo;esclavage ? Pas un zeste de moralisme dans le spectacle, Ullate ne d\u00e9nonce pas mais simplement nous tend avec humour un miroir r\u00e9v\u00e9lant nos obsessions, nos peurs, nos fantasmes, nos d\u00e9fis d\u00e9risoires \u00e0 la Mort qui gagne toujours \u00e0 ce jeu-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Carmen est une femme fatale, s\u00e9ductrice, passionn\u00e9e, qui d\u00e9fie tout pour se lib\u00e9rer du carcan social qui l&#8217;emprisonne et l&rsquo;\u00e9touffe. Mais peut-on conqu\u00e9rir la libert\u00e9 dans un monde o\u00f9 la prison change de forme, de r\u00e8gles du jeu ? Le th\u00e8me de la prison est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans l&rsquo;histoire de Carmen et dans le spectacle. Carmen de Victor Ullate, une top mod\u00e8le, symbole du glamour, vit le jour dans le monde des apparences, du luxe, et la nuit se transforme en une escort girl qui travaille dans un puticlub, menant, comme l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne de Belle de jour de Bu\u00f1uel, une double vie. Une femme de lumi\u00e8re et d&rsquo;ombres, \u00e9nigmatique et transgressive, qui cherche la nuit des aventures et des nouvelles exp\u00e9riences. Fid\u00e8le aux grandes lignes du mythe, Ullate modifie et adapte certains \u00e9l\u00e9ments. Il inclut dans la trame, comme fil conducteur, le personnage de la Mort, pr\u00e9sent d\u00e8s le d\u00e9but qui annonce \u00e0 Carmen sa fin inexorable. De m\u00eame il introduit les personnages des amis de Carmen, des travestis qui l&rsquo;accompagnent dans ses aventures nocturnes. Ullate situe l&rsquo;action dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, sans identifier les personnages aux prototypes du mythe. Il ne faut pas chercher dans son ballet ni torero ni les bandits andalous, ni don Jos\u00e9 qu\u2019on connait. L&rsquo;histoire qu&rsquo;il raconte peut avoir lieu en Espagne, \u00e0 New York ou dans d&rsquo;autres villes du monde. La trame musicale de Pedro Navarrete est une conjugaison de variations tr\u00e8s inventives sur les th\u00e8mes et les m\u00e9lodies connues de Carmen de Bizet et de musiques rythm\u00e9es contemporaines avec parfois des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des rythmes africains ou orientaux. Ainsi par exemple de tr\u00e8s beaux arrangements de la Habanera de Carmen en tango.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le th\u00e8me de la mort traverse d\u00e8s le d\u00e9part toute la trame musicale. Les costumes, tous dans des tons sombres, en majorit\u00e9 noirs, \u00e9voquent une ambiance de cabaret et de f\u00eates nocturnes dans des bo\u00eetes : des bodies en cuir avec des lani\u00e8res tress\u00e9es pour les femmes, certaines danseuses avec sur le body une jupe longue ouverte et des pantalons collants noirs pour les hommes. Le personnage de la Mort en pantalon rouge et un long manteau noir sur le dos duquel sont peintes des vert\u00e8bres.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11329 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate2.jpg\" alt=\"\" width=\"460\" height=\"357\" data-id=\"11329\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate2.jpg 460w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/carmenvictotullate2-64x50.jpg 64w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le dispositif sc\u00e9nique de Paco Azorin, compos\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments mobiles : panneaux qui avancent, reculent, s&rsquo;ouvrent, descendent, montent, modulent l&rsquo;espace, cr\u00e9ent divers lieux et des plans de jeu, cadrent les images. Au fond du plateau une grande parois grise sur laquelle sont projet\u00e9es des images avec en bas une porte. Des grilles qui descendent \u00e0 certains moments \u00e9voquent les cellules de prison et dans certaines s\u00e9quences des chambres d&rsquo;une maison de rencontres. Aucune r\u00e9f\u00e9rence au folklore andalou, pas de r\u00e9alisme dans la sc\u00e9nographie ni dans la mise en sc\u00e8ne. Tout est dans l&rsquo;\u00e9vocation et dans la suggestion. Les images projet\u00e9es, non r\u00e9alistes, des formes g\u00e9om\u00e9triques ou comme des lumi\u00e8res qui montent. Dans une s\u00e9quence est projet\u00e9e une br\u00e8ve sc\u00e8ne film\u00e9e d&rsquo;une r\u00e9ception dans un grand h\u00f4tel. On y voit les personnages buvant du champagne, puis des femmes rappelant des danseuses des Folies Berg\u00e8res descendant un grand escalier arrondi dans l&rsquo;image projet\u00e9e, sortent, en personnages r\u00e9els par la porte en bas de la paroi du fond. Une belle incorporation de l&rsquo;image projet\u00e9e dans le jeu sc\u00e9nique qui renvoie en m\u00eame temps \u00e0 la double vie de Carmen. Comme toujours Victor Ullate \u00e9blouit par son art de th\u00e9\u00e2traliser la danse, de composer des images et des situations sc\u00e9niques, des s\u00e9quences de groupes, d&rsquo;affrontements, tout comme des duos ou des solos. Rien n&rsquo;est d\u00e9monstratif dans la gestuelle ni dans les mouvements tr\u00e8s pr\u00e9cis, parfois comme des signes graphiques, suggestifs et po\u00e9tiques.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On admire aussi son savoir-faire pour construire plusieurs plans de jeu, exploiter l&rsquo;arri\u00e8re-plan du plateau, cr\u00e9er des pr\u00e9sences par les effets sonores, bruits de voix \u00e9loign\u00e9es, d&rsquo;inscrire la parole dans la chor\u00e9graphie, de jouer sur les contrastes.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ullate fusionne ici le langage chor\u00e9graphique contemporain avec des \u00e9l\u00e9ments de la danse classique (les pointes) et des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la gestuelle des danses de l&rsquo;Inde.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On rel\u00e8ve la perfection de Marlen Fuerte en Carmen et Josue Ullate en don Jose mais tous les danseurs du Ballet de Victor Ullate sont impressionnants, synchronis\u00e9s remarquablement dans les sc\u00e8nes collectives et conf\u00e9rant en m\u00eame temps une pr\u00e9sence authentique \u00e0 leurs personnages. Parmi les magnifiques sc\u00e8nes du spectacle, celle de la mort de Carmen, \u00e9trangl\u00e9e par don Jose avec le personnage de la Mort riant. Victor Ullate nous offre avec Carmen une de ses plus belles pi\u00e8ces, une orf\u00e8vrerie chor\u00e9graphique pr\u00e9cieuse, raffin\u00e9e qui est en m\u00eame temps une vision am\u00e8re du destin d&rsquo;une femme qui se perd dans sa qu\u00eate de la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photo: Teatros del Canal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>31 ao\u00fbt &#8211; 17 septembre 2017&#8211; Teatros del Canal, Madrid Carmen par Victor Ullate Ballet de la Communaut\u00e9 de Madrid chor\u00e9graphie Victor Ullate; avec le Jeune Orchestre de la Communaut\u00e9 de Madrid sous la direction de Manuel Coves \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Victor Ullate, chor\u00e9graphe de g\u00e9nie, figure de la danse espagnole contemporaine, a r\u00e9sist\u00e9 longtemps \u00e0 s&rsquo;inscrire &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":6,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-11326","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11326","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11326"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11326\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11326"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11326"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11326"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}