{"id":11677,"date":"2017-10-09T20:06:32","date_gmt":"2017-10-09T20:06:32","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=11677"},"modified":"2017-10-09T20:13:38","modified_gmt":"2017-10-09T20:13:38","slug":"lepopee-labyrinthique-de-max-aub","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=11677","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e labyrinthique de Max Aub"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">Tourn\u00e9e en 2017 : Teatro Romeas \u00e0 Barcelone du 26 octobre au 5 novembre 2017 et\u00a0<\/span><br \/>\n <span class=\"dates-evenement\"> \u00e0 Moscou au Th\u00e9\u00e2tre RAMT les 9, 10 et 11 novembre 2017<\/span><\/p>\n<h4><strong>Le labyrinthe magique (El laberinto m\u00e1gico) de Max Aub<\/strong><\/h4>\n<p>(adaptation Jos\u00e9 Ram\u00f3n Fern\u00e1ndez ; mise en sc\u00e8ne Ernesto Caballero)<\/p>\n<p><em>Creation du Centre Dramatique National Teatro Valle Inclan \u00e0 Madrid<\/em><br \/>\n <em> du 7 juin au 10 juillet 2016<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-11682\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/labirintemagique2-310x190.jpg\" alt=\"\" width=\"474\" height=\"291\" data-id=\"11682\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Max Aub (n\u00e9 en 1903 \u00e0 Paris et mort en 1972 au Mexique), \u00e9crivain errant aux quatre nationalit\u00e9s : fran\u00e7aise et allemande par ses parents, espagnole par son exil en Espagne au d\u00e9but de la Iere Guerre Mondiale et mexicaine, s&rsquo;exilant au Mexique pendant la Guerre Civile d&rsquo;Espagne, a ancr\u00e9 ses racines dans son \u0153uvre.\u00a0Un homme int\u00e8gre, libre, ind\u00e9pendant, irr\u00e9cup\u00e9rable par les courants id\u00e9ologiques, politiques, litt\u00e9raires.\u00a0 Quasi oubli\u00e9e pendant des d\u00e9cennies, son \u0153uvre (th\u00e9\u00e2tre, romans, r\u00e9cits, etc.) sortie du purgatoire depuis quelques ann\u00e9es, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par des metteurs en sc\u00e8ne de talent, est enfin pr\u00e9sente sur les sc\u00e8nes espagnoles.\u00a0Le labyrinthe magique, une travers\u00e9e synth\u00e9tique des six romans de Max Aub, formant un cycle de la m\u00e9moire de la Guerre Civile et de la post-guerre, compos\u00e9 de Camp ferm\u00e9 (1943), Camp de sang (1945), Camp ouvert (1951), Camp du Maure (1963), Camp fran\u00e7ais (1965), Camp des amandiers (1968) adapt\u00e9 par Jos\u00e9 Ramon Fernandez et mis en sc\u00e8ne par Ernesto Caballero Directeur du Centre Dramatique National de Madrid a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement th\u00e9\u00e2tral.\u00a0 Le spectacle a re\u00e7u de nombreux Prix :\u00a0 Prix pour le meilleur spectacle de la Central Academy of drama de Chine; Prix Valle Inclan pour la meilleure mise en sc\u00e8ne pour Ernesto Caballero; \u00a0Prix Max (\u00e9quivalent du Prix Moli\u00e8re en France) pour Jose Ramon Fernandez pour la meilleure adaptation; Prix Max du meilleur acteur pour Paco Ochoa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;adaptation th\u00e9\u00e2trale du Labyrinthe magique par Jos\u00e9 Ramon Fernandez, un des auteurs phares de la dramaturgie espagnole actuelle, est une fresque de la Guerre Civile d&rsquo;Espagne (1936 &#8211; 1939) dont elle rel\u00e8ve quelques \u00e9pisodes et moments fondamentaux : le premier jour de la guerre \u00e0 Barcelone, la r\u00e9sistance en novembre 1936 \u00e0 Madrid, les batailles de L&rsquo;\u00c8bre et de Teruel, avec en toile de fond l&rsquo;\u00e9vocation de certains \u00e9v\u00e9nements d\u00e9cisifs pour le destin de l&rsquo;Europe comme l&rsquo;Anschluss d&rsquo;Autriche par les troupes d&rsquo;Hitler. Max Aub s&rsquo;attache dans Le labyrinthe magique \u00e0 tracer des faits, de petits \u00e9v\u00e9nements, la partie cach\u00e9e de l&rsquo;Iceberg de la guerre dont la grande histoire ne tient pas compte : le quotidien, des petites histoires des gens qui ont peur, qui ont faim, qui souffrent, qui aiment, qui tentent de fuir la terreur, la prison et la mort. <br \/>\n \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans Le labyrinthe magique l&rsquo;histoire, la m\u00e9moire collective et personnelle, celle de Max Aub, fusionnent en formant un paysage humain envahi par la mis\u00e8re, l&rsquo;horreur, mais aussi travers\u00e9 par des \u00e9tincelles de beaut\u00e9 et d&rsquo;espoir.\u00a0 Jos\u00e9 Ramon Fernandez articule son adaptation, tr\u00e8s chorale, autour de trois personnages qui servent de fils conducteurs, le docteur Julian Templado, le couple de jeunes acteurs de la compagnie de th\u00e9\u00e2tre Asuncion Melia et Vicente Dalmases.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-11684\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/labirintemagique-310x190.jpg\" alt=\"\" width=\"496\" height=\"304\" data-id=\"11684\" \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0L&rsquo;action dans sa version th\u00e9\u00e2trale s&rsquo;arr\u00eate le 1er avril 1939 dans le port d&rsquo;Alicante bombard\u00e9 par les fascistes o\u00f9 les personnages avec leurs valises attendent en vain des bateaux pour quitter l&rsquo;Espagne. La trag\u00e9die des vaincus est aussi celle des exil\u00e9s et de ceux qui n&rsquo;ont pas pu partir. Dans la derni\u00e8re s\u00e9quence sur le quai du port bombard\u00e9, d&rsquo;entre les morts sur le sol se l\u00e8vent seulement le m\u00e9decin Templado et un personnage avec un livre dans lequel survit la m\u00e9moire de cette trag\u00e9die d\u00e9crite par Max Aub.\u00a0 Comme dans certaines de ses mises en sc\u00e8ne pr\u00e9c\u00e9dentes (La ruche scientifique de Jos\u00e9 Ramon Fernandez, Rhinoc\u00e9ros de l&rsquo;Ionesco, Galil\u00e9o Galil\u00e9i de Brecht) Ernesto Caballero donne du Labyrinthe magique une vision \u00e9pur\u00e9e, centr\u00e9e sur l&rsquo;essentiel et le m\u00e9taphysique.\u00a0 Avec la complicit\u00e9 de sa sc\u00e9nographe Monica Boromello Ernesto Caballero atteint ici la puret\u00e9 brookienne avec sa puissante invention et son art de cr\u00e9er, avec peu d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments et d&rsquo;effets sc\u00e9niques, des images po\u00e9tiques parfois plus fortes que la parole.<br \/>\n \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Peu de metteurs en sc\u00e8ne ont compris aussi bien que Caballero le sens et l&#8217;emploi th\u00e9\u00e2tral de la fameuse distanciation brechtienne qui constitue le principe de sa mise en sc\u00e8ne du Labyrinthe magique.<br \/>\n La musique, piano et batterie (musiciens Paco Casas, Javier Coble) et des chansons interpr\u00e9t\u00e9es en direct font partie de la dramaturgie sc\u00e9nique. \u00a0Sur le plateau nu plusieurs sacs remplis de terre, dispos\u00e9s de mani\u00e8re diff\u00e9rente dans diverses sc\u00e8nes, \u00e9voquent des tranch\u00e9es, des barricades. Dans certaines s\u00e9quences apparaissent des chaises, un lit, une table, une bicyclette.\u00a0 Avec une longue corde Ernesto Caballero cr\u00e9e de magnifiques images m\u00e9taphoriques comme par exemple la lutte de deux camps oppos\u00e9s tirant la corde, \u00e9voquant la lutte fratricide dans la Guerre Civile. \u00a015 acteurs interpr\u00e8tent de multiples personnages qui se pr\u00e9sentent en entrant en sc\u00e8ne en disant la date de leur mort. Cette forme de distanciation se double de celle du th\u00e9\u00e2tre qui apporte une dimension suppl\u00e9mentaire en constituant un fil conducteur dans le spectacle qui commence au d\u00e9but de la guerre \u00e0 Barcelone avec un groupe de jeunes acteurs de th\u00e9\u00e2tre d\u00e9cidant d&rsquo;aller \u00e0 Madrid pour s&rsquo;engager dans la lutte.\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-11687\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/labirintemagique3-310x190.jpg\" alt=\"\" width=\"497\" height=\"305\" data-id=\"11687\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ernesto Caballero imprime aux actions un rythme rapide, palpitant, qui cr\u00e9e une atmosph\u00e8re d&rsquo;urgence, de pr\u00e9cipitation des \u00e9v\u00e9nements. Les s\u00e9quences se suivent avec une grande fluidit\u00e9. Le travail virtuose d&rsquo;\u00e9clairage de Ion Anibal cr\u00e9e des ambiances \u00e9motionnelles, souligne les moments dramatiques, trace ou sugg\u00e8re les diff\u00e9rents lieux.\u00a0 Il est tr\u00e8s difficile de ressortir quelques acteurs dans cet ensemble exceptionnel qui, comme des instruments dans un orchestre, interpr\u00e8te avec une pr\u00e9cision absolue et engagement cette magnifique partition th\u00e9\u00e2trale.\u00a0 Le choix d&rsquo;Ernesto Caballero de monter cette \u0153uvre de Max Aub date de quelques ann\u00e9es, il n&rsquo;est pas dict\u00e9 par les circonstances actuelles de guerres civiles et de fuites massives des r\u00e9fugi\u00e9s mais son spectacle d&rsquo;une extraordinaire puissance m\u00e9taphorique renvoie aux conflits et aux guerres fratricides, barbares d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dont on ne voit pas la fin.<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photo: Marcos Punto<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tourn\u00e9e en 2017 : Teatro Romeas \u00e0 Barcelone du 26 octobre au 5 novembre 2017 et\u00a0 \u00e0 Moscou au Th\u00e9\u00e2tre RAMT les 9, 10 et 11 novembre 2017 Le labyrinthe magique (El laberinto m\u00e1gico) de Max Aub (adaptation Jos\u00e9 Ram\u00f3n Fern\u00e1ndez ; mise en sc\u00e8ne Ernesto Caballero) Creation du Centre Dramatique National Teatro Valle Inclan &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":2,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[309],"class_list":["post-11677","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers","tag-309"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11677","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11677"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11677\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}