{"id":12382,"date":"2017-12-28T18:38:51","date_gmt":"2017-12-28T18:38:51","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=12382"},"modified":"2018-01-01T18:39:16","modified_gmt":"2018-01-01T18:39:16","slug":"de-linsouciance-de-la-boheme-a-la-cruelle-realite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=12382","title":{"rendered":"De l&rsquo;insouciance de la boh\u00e8me \u00e0 la cruelle r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">Du 11 d\u00e9cembre 2017 au 8 janvier 2018<\/span> <span class=\"lieu-evenement\">au Teatro Real, Madrid<\/span><\/p>\n<p><strong>La Boh\u00e8me de Giacomo Puccini<\/strong> <br \/>\n <em>Nouvelle mise en sc\u00e8ne Richard Jones, direction musicale Paolo Carignan, orchestre et ch\u0153ur du Teatro Real, les Petits chanteurs de la ORCAM. Nouvelle production du Teatro Real de Madrid en coproduction avec La Royal Opera House de Londres et la Liric Opera de Chicago<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-12378\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/madridbohemevignette.jpg\" alt=\"\" width=\"495\" height=\"330\" data-id=\"12378\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/madridbohemevignette.jpg 300w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/madridbohemevignette-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 495px) 100vw, 495px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La boh\u00e8me, compos\u00e9 en 1895 et cr\u00e9\u00e9 en 1896 \u00e0 Turin, un des op\u00e9ras les plus repr\u00e9sent\u00e9s de Giacomo Puccini, qualifi\u00e9 de v\u00e9riste, met en sc\u00e8ne un groupe d&rsquo;amis, de jeunes artistes qui m\u00e8nent une vie de boh\u00e8me, bravant la mis\u00e8re, la faim, le froid et les rigueurs de l&rsquo;hiver parisien dont la pauvre et mis\u00e9rable mansarde ne les prot\u00e8ge gu\u00e8re. Ils luttent pour survivre faisant fi du loyer non pay\u00e9, vivant et mangeant \u00e0 cr\u00e9dit, r\u00eavant \u00e0 un coup de chance, au succ\u00e8s, \u00e0 la renomm\u00e9e. Dans l&rsquo;existence de ces apprentis artistes insouciants, jamais \u00e0 court d&rsquo;enthousiasme, ni d&rsquo;ing\u00e9nieux arrangements, fait irruption la cruelle r\u00e9alit\u00e9 avec la tragique histoire de l&rsquo;amour du po\u00e8te Rodolfo et de la jeune couturi\u00e8re Mimi, la maladie incurable et l&rsquo;in\u00e9luctable mort de celle-ci. Habituellement les lectures sc\u00e9niques de La boh\u00e8me s&rsquo;articulent sur l&rsquo;histoire romantique et tragique de Rodolfo r\u00eaveur et de Mimi incarnant la puret\u00e9 et l&rsquo;innocence.\u00a0 Dans cette nouvelle production de La boh\u00e8me cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Londres \u00e0 la Royal Opera House en juillet 2017, Richard Jones, metteur en sc\u00e8ne britannique, propose une lecture plus ouverte et plus atemporelle de l&rsquo;\u0153uvre en relevant dans sa mise en sc\u00e8ne le th\u00e8me du parcours initiatique, le passage de l&rsquo;insouciance de la vie de boh\u00e8me, de la jeunesse, \u00e0 la conscience du tragique de l&rsquo;existence quand le groupe de jeunes amis se confronte \u00e0 la maladie, \u00e0 la mort. Sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire d&rsquo;actualiser l&rsquo;histoire cette lecture la projette au-del\u00e0 de son contexte, aujourd&rsquo;hui historique, et contemporain \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de l&rsquo;op\u00e9ra : Paris de la fin du XIXe s. De m\u00eame le recours \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique du r\u00e9alisme po\u00e9tique et la conception sc\u00e9nographique, l&rsquo;accumulation sur sc\u00e8ne au fur et \u00e0 mesure des d\u00e9cors et des \u00e9l\u00e9ments des sc\u00e8nes successives, cr\u00e9ent un d\u00e9calage par rapport \u00e0 une vision v\u00e9riste, purement r\u00e9aliste de l&rsquo;\u0153uvre, en lui conf\u00e9rant la dimension d&rsquo;un album de souvenirs, de sc\u00e8nes qui petit \u00e0 petit s&rsquo;accumulent, telle la m\u00e9moire d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et d&rsquo;exp\u00e9riences v\u00e9cues. Une vision brillante, novatrice, qui de plus est en parfaite ad\u00e9quation avec la narration musicale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12389\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme3.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"339\" data-id=\"12389\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme3.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme3-74x50.jpg 74w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Au couple romantique et tragique de Mimi et Rodolfo Puccini oppose le couple amoureux comique,Musetta et Marcello. Le livret condense les moments comiques et dramatiques de la vie des protagonistes et les relations entre eux : amiti\u00e9s, camaraderie, affections, d\u00e9ceptions, f\u00e2cheries, passion amoureuse, jalousie, querelle entre Marcello et Musetta. Le parti pris de Richard Jones dans sa dramaturgie sc\u00e9nique, le th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre : tout se passe \u00e0 vue, devant le spectateur \u2013 voyeur des changements de d\u00e9cors, d&rsquo;effets sp\u00e9ciaux, du fonctionnement et de la manipulation des \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques etc., casse le v\u00e9risme original de l&rsquo;op\u00e9ra en impr\u00e9gnant le r\u00e9alisme du drame d&rsquo;une po\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale.\u00a0Des lieux diff\u00e9rents qui contrastent entre eux par leur traitement esth\u00e9tique, s&#8217;emmagasinent sur le plateau tels les t\u00e9moins des divers moments et topographie du parcours des personnages. La neige qui tombe durant presque tout le spectacle, cr\u00e9e une atmosph\u00e8re de Paris hivernal, dont l&rsquo;apparent r\u00e9alisme est d\u00e9menti par la mise \u00e0 vue de l&rsquo;artifice th\u00e9\u00e2tral. Le d\u00e9cor du Ier acte se distancie clairement des codes du v\u00e9risme sc\u00e9nique. C&rsquo;est une mansarde imaginaire, figur\u00e9e par des poutres, l&rsquo;aspect mis\u00e9rable des quelques pauvres objets : chaise tach\u00e9e de peinture, caise en bois, \u00e9tui \u00e0 violon, pinceaux de peintre, po\u00eale. Ce d\u00e9cor minimaliste indiquant le cadre mis\u00e9rable et les occupations de ses habitants, contraste avec le d\u00e9cor monumental, artificiel du IIe acte, repr\u00e9sentant les galeries commerciales du Quartier Latin avec diverses boutiques et le restaurant parisien tr\u00e8s chic et cher Chez Momus o\u00f9 les jeunes artistes vont passer la soir\u00e9e de No\u00ebl en faisant payer la note par un riche admirateur de Musetta. Alors que sur sc\u00e8ne appara\u00eet le d\u00e9cor du IIIe acte en contraste avec celui du IIe, une taverne en bois, dans un espace d\u00e9sol\u00e9 de la Barri\u00e8re d&rsquo;Enfer, les d\u00e9cors des actes pr\u00e9c\u00e9dents ne se retirent pas mais s&rsquo;accumulent au fond et sur les lat\u00e9raux du plateau.\u00a0 La mansarde, toujours pr\u00e9sente, va r\u00e9appara\u00eetre \u00e0 la fin. Certes certains spectateurs peuvent \u00eatre un peu d\u00e9concert\u00e9s par cette option sc\u00e9nographique peu commune, qui loin d&rsquo;\u00eatre un \u00ab truc \u00bb de metteur en sc\u00e8ne, met en perspective la trame de l&rsquo;op\u00e9ra.\u00a0 Richard Jones dirige les chanteurs avec pr\u00e9cision et intelligence, composant des images d&rsquo;une grande beaut\u00e9, amplifi\u00e9es par la puissance \u00e9motionnelle de la musique de Puccini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-12388\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"325\" data-id=\"12388\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/madridboheme-77x50.jpg 77w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><br \/>\n \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Paolo Carignani, \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;orchestre du Teatro Real, domine parfaitement la partition puccinienne, ressortant sans exc\u00e8s sa charge \u00e9motionnelle, sa palette extr\u00eamement riche de couleurs, son jeu de contrastes.\u00a0 La distribution, on le regrette, manque d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9. La personnalit\u00e9 de la soprano roumaine Anita Hartig en Mimi, excellente actrice avec une voix parfaitement timbr\u00e9e, d&rsquo;une grande expressivit\u00e9, domine la distribution. Le t\u00e9nor Stephen Costello en Rodolfo n&rsquo;est pas toujours \u00e0 la hauteur, manquant parfois d&rsquo;expressivit\u00e9, incertain dans les aigues mais irr\u00e9prochable dans son jeu, ce qui cependant ne peut compenser des failles vocales. Joyce El-Khoury (soprano) tr\u00e8s in\u00e9gale et parfois excessive en Musetta se reprend dans le IVe acte donnant \u00e0 son personnage une profondeur et une v\u00e9rit\u00e9 \u00e9motionnelle. Les deux barytons \u00c9tienne Dupuis Marcello et Joan Martin Royo Schaumard sont irr\u00e9prochables autant dans leur ex\u00e9cution vocale que dans leur jeu. Il y a des sc\u00e8nes dans La boh\u00e8me qu&rsquo;on attend particuli\u00e8rement dont celle de la fin du IIIe acte, le quatuor o\u00f9 les long phras\u00e9s lyriques du couple Mimi, Rodolfo contrastent avec la querelle comique de Marcello et de Musetta, scand\u00e9e en petites notes proches du parlando. C&rsquo;est un des moments virtuoses du spectacle qui culmine dans une magnifique sc\u00e8ne finale \u00e0 la fois sublime et puissante, d\u00e9pourvue de pathos mais qui peut cependant arracher les larmes \u00e0 bien des spectateurs.<\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photo: Javier del Real | Teatro Real<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du 11 d\u00e9cembre 2017 au 8 janvier 2018 au Teatro Real, Madrid La Boh\u00e8me de Giacomo Puccini Nouvelle mise en sc\u00e8ne Richard Jones, direction musicale Paolo Carignan, orchestre et ch\u0153ur du Teatro Real, les Petits chanteurs de la ORCAM. 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