{"id":13266,"date":"2018-03-09T13:19:58","date_gmt":"2018-03-09T13:19:58","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=13266"},"modified":"2018-03-10T13:40:49","modified_gmt":"2018-03-10T13:40:49","slug":"un-peplum-pharaonique-aida-de-guiseppe-verdi-a-madrid","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=13266","title":{"rendered":"Un p\u00e9plum pharaonique: Aida de Guiseppe Verdi \u00e0 Madrid"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">Du 7 au 25 mars 2018<\/span>\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0<span class=\"lieu-evenement\">Teatro Real, Madrid\u00a0<\/span><\/p>\n<p><em>Nouvelle cr\u00e9ation du Teatro Real en coproduction avec le Lyric Opera de Chicago et le Teatro Municipal de Santiago du Chili<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-13265\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidavignette.jpg\" alt=\"\" width=\"509\" height=\"339\" data-id=\"13265\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidavignette.jpg 300w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidavignette-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 509px) 100vw, 509px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0A\u00efda \u00e9tait une commande \u00e0 Giuseppe Verdi, faite par le Cheik d&rsquo;\u00c9gypte, pour l&rsquo;inauguration du Canal de Suez et de l&rsquo;Op\u00e9ra du Caire en 1869. Verdi l&rsquo;accepte d&rsquo;abord \u00e0 contrec\u0153ur mais finalement il se lance dans la composition de cette \u0153uvre monumentale, le dernier vestige du romantisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le r\u00e9alisme r\u00e8gne sur les sc\u00e8nes. \u00c0 la faveur des d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques l&rsquo;\u00c9gypte ancienne est \u00e0 la mode.\u00a0 Verdi s&rsquo;inspire largement de l&rsquo;imagerie europ\u00e9enne du pays des pharaons impr\u00e9gnant son op\u00e9ra de pittoresque et de couleur locale tr\u00e8s kitsch, jusqu&rsquo;\u00e0 faire confectionner de longues trompettes au son strident pour la sc\u00e8ne de la marche triomphale qui devaient produire des sonorit\u00e9s \u00e9voquant l&rsquo;\u00c9gypte ancienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Hugo de Ana, metteur en sc\u00e8ne argentin, travaillant beaucoup en Italie, avait d\u00e9j\u00e0 mis en sc\u00e8ne Aida au Teatro Real de Madrid, il y a 20 ans, dans un style monumental, arch\u00e9ologisant, tr\u00e8s kitsch. Il nous ressert cette mise en sc\u00e8ne un peu r\u00e9adapt\u00e9e, mais qui aujourd&rsquo;hui para\u00eet encore plus une pi\u00e8ce mus\u00e9ale, de pacotille.\u00a0Il y a dans cette production une dichotomie flagrante entre la mise en sc\u00e8ne, les images conventionnelles (De Ana a aussi sign\u00e9 le d\u00e9cor et les costumes) et la partition verdienne, qui \u00e0 part une certaine grandiloquence, offre des parties intimistes sublimes, d&rsquo;une grande charge dramatique, trouvant ici des interpr\u00e8tes exceptionnels.\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Giuseppe Verdi articule la trame de A\u00efda sur le conflit de l&rsquo;amour extr\u00eame entre Radames, h\u00e9ro\u00efque chef des arm\u00e9es \u00e9gyptiennes, et A\u00efda, princesse \u00e9thiopienne en esclavage \u00e0 la cour d&rsquo;\u00c9gypte, et les int\u00e9r\u00eats du pouvoir \u00e0 la foi politique et religieux. L&rsquo;op\u00e9ra donne une vision d&rsquo;une \u00c9gypte pittoresque et imaginaire avec ses temples, ses pyramides, son arm\u00e9e triomphante, ses pr\u00eatres omnipotents et son peuple soumis.\u00a0 Dans la partition des moments intimes et les grandes sc\u00e8nes chorales alternent et se superposent. Peu de solos, A\u00efda a des arias dans le Ier et IIIe \u00a0acte et Radames ouvre l&rsquo;op\u00e9ra avec \u00ab\u00a0Celesta A\u00efda\u2026\u00a0\u00bb. Aucun des autres personnages n&rsquo;a de solo. Par contre Verdi introduit dans la partition de nombreux duos qui concentrent les conflits et les moments dramatiques. Ainsi les 4 duos de A\u00efda avec chacun des personnages principaux : un avec Amonasro, un autre avec Amneris et deux avec Radames.La musique de Verdi est vaillamment d\u00e9fendue par les solistes, le ch\u0153ur qui affronte avec bravoure les moments grandiloquents et l&rsquo;orchestre du Teatro Real \u00e0 toute \u00e9preuve, sous la baguette d\u00e9cid\u00e9e de Nicola Luisotti, grand connaisseur du r\u00e9pertoire verdien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-13267\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidamadrid2.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"504\" data-id=\"13267\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidamadrid2.jpg 350w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aidamadrid2-35x50.jpg 35w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Liudmyla Monastyrskaia en A\u00efda, soprano lumineux, souple, ample, d\u00e9ploie un grand art fusionnant le dramatique et le lyrisme dans ses arias et ses duos, en particulier ceux avec Radames et Amonasro, touchant le sublime dans le final dans son duo avec Radames.\u00a0Gregory Kunde, t\u00e9nor, sans reproche, cr\u00e9e Radames, h\u00e9ros romantique, pris entre le r\u00eave de gloire et l&rsquo;amour id\u00e9al et Violeta Urmana, mezzosoprano de timbre souple, harmonieux, en Amneris, d\u00e9chir\u00e9e entre sa passion amoureuse, la jalousie d\u00e9vorante et le devoir politique.\u00a0Gabriele Viviani, baryton, d\u00e9gage le personnage d&rsquo;Amonasro de la vision st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e en le rendant plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Le probl\u00e8me de cette production c&rsquo;est la vision st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e de A\u00efda \u00e0 la fois dans la mise en sc\u00e8ne qui manque d&rsquo;id\u00e9es, de coh\u00e9rence et d&rsquo;une lecture, dans la conception du d\u00e9cor et des costumes qui situent cet op\u00e9ra dans une \u00c9gypte fantasm\u00e9e, de pacotille. Pour que l&rsquo;on ne se trompe pas quant au lieu de l&rsquo;action, le rideau de sc\u00e8ne est charg\u00e9 de hi\u00e9roglyphes qui abondent aussi sur certains \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9niques : grand coffres, tr\u00f4ne portable. Manquent seulement quelques sarcophages et des oucheptis\u2026Les pyramides, les temples, sont quasi en permanence projet\u00e9s ou repr\u00e9sent\u00e9s sur le plateau comme par exemple murs et entr\u00e9es des temples, ob\u00e9lisque qui tr\u00f4ne au centre dans le Ier acte et se d\u00e9place sur le c\u00f4t\u00e9 dans le IIIe acte.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-13268\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aida-4750.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"496\" data-id=\"13268\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aida-4750.jpg 350w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/aida-4750-35x50.jpg 35w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Dans le IIe acte, dans la sc\u00e8ne du retour triomphal de Radames, appara\u00eet au fond une s\u00e9rie de gradins sur lesquels se trouvent les pr\u00eatres, les musiciens jouant des trompettes et les soldats. De nombreux et inutiles changements de d\u00e9cor coupent l&rsquo;action.\u00a0Hugo de Ana, metteur en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographe, pousse plus loin l&rsquo;incoh\u00e9rence et le ridicule dans ses id\u00e9es de costumes. Une cuirasse et une longue cape pour Radames, baudriers, larges ceintures et strings pour les soldats, pantalon, tunique, cape, tiare et insignes du pouvoir pour le roi, tuniques longues color\u00e9es, petits casques sur la t\u00eate pour les pr\u00eatres, les femmes, A\u00efda et Amneris, robes longues amples, les esclaves en haillons, les soldats \u00e9thiopiens, la peau peinte en noir, les danseurs torses nus et en strings.\u00a0De nombreuses lances et longs b\u00e2tons, accessoires guerriers, servent \u00e9galement dans les danses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pour animer sa mise en sc\u00e8ne assez statique, dans les sc\u00e8nes du triomphe de Radames, Hugo de Ana fait courir les danseurs dans tous les sens.\u00a0D&rsquo;autres danses qui font penser \u00e0 des exercices de gymnastique, interviennent \u00e0 certains moments, sans vraiment s&rsquo;int\u00e9grer dans les situations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 On ne comprend pas le sens du jeu r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec des bandes de tissu kilom\u00e9triques, A\u00efda en jouant dans son duo avec Amneris. On les d\u00e9roule, les enroule et on les tra\u00eene par terre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Cet monumental et fantasmagorique A\u00efda s&rsquo;ach\u00e8ve sur un ton path\u00e9tique et m\u00e9taphysique avec le c\u00e9l\u00e8bre duo \u00ab L&rsquo;ange nous emportera sur ses ailes dor\u00e9es vers le ciel\u2026 \u00bb. Amen.<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photo: Javier del Real | Teatro Real<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du 7 au 25 mars 2018\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0Teatro Real, Madrid\u00a0 Nouvelle cr\u00e9ation du Teatro Real en coproduction avec le Lyric Opera de Chicago et le Teatro Municipal de Santiago du Chili \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0A\u00efda \u00e9tait une commande \u00e0 Giuseppe Verdi, faite par le Cheik d&rsquo;\u00c9gypte, pour l&rsquo;inauguration du Canal de Suez et de l&rsquo;Op\u00e9ra du &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[91],"class_list":["post-13266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers","tag-madrid-espagne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13266"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13266\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}