{"id":3792,"date":"2015-02-05T15:29:09","date_gmt":"2015-02-05T15:29:09","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=3792"},"modified":"2015-02-08T16:07:34","modified_gmt":"2015-02-08T16:07:34","slug":"3792","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=3792","title":{"rendered":""},"content":{"rendered":"<h2>Emilio Sagi, arpenteur des sc\u00e8nes lyriques du monde<\/h2>\n<p>\u00a0Lady be good de George Gershwin\/ Luna de miel en el Cairo de Francisco Alonso<\/p>\n<p>Teatro de la Zarzuela \u00e0 Madrid.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;au 15 f\u00e9vrier 2015<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/teatrodelazarzuela.mcu.es\/es\/\" target=\"_blank\">Informations:<\/a>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0En 35 ans de carri\u00e8re de metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre lyrique et musical Emilio Sagi a travaill\u00e9 dans les plus grands op\u00e9ras en Am\u00e9rique du Nord et du Sud, au Japon, \u00e0 Hong Kong, en Isra\u00ebl, en Europe : en Italie (entre autres \u00e0 la Scala de Milan, La Fennice de Venise), Suisse, Monte-Carlo, Allemagne, Autriche, Russie, Portugal, France (Op\u00e9ra Garnier, Ch\u00e2telet, Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on \u00e0 Paris, Le Capitole \u00e0 Toulouse, les Op\u00e9ras de Strasbourg, de Nice, de Bordeaux) sans compter les plus importantes sc\u00e8nes lyriques d&rsquo;Espagne dont certaines qu&rsquo;il a dirig\u00e9 : Teatro de la Zarzuela \u00e0 Madrid (1990 &#8211; 1999), Teatro Real Op\u00e9ra de Madrid (2001 &#8211; 2005) et Teatro Arriaga de Bilbao qu&rsquo;il dirige depuis 2008. Une carri\u00e8re plan\u00e9taire et un parcours tr\u00e8s \u00e9clectique, plus de 50 mises en sc\u00e8ne recoupant des genres tr\u00e8s diff\u00e9rents allant de l&rsquo;op\u00e9ra baroque, romantique au contemporain, en passant par les divers types de zarzuela, d&rsquo;op\u00e9rettes, de com\u00e9dies musicales et la revue. \u00a0Alors que sa mise en sc\u00e8ne des Noces de Figaro de Mozart ouvrait la saison 2014 \/ 2015 de l&rsquo;Op\u00e9ra de Madrid, Le juge op\u00e9ra du compositeur autrichien Christian Kolonovits, cr\u00e9\u00e9 en avril 2014 au Teatro Arriaga de Bilbao, jou\u00e9 en ao\u00fbt 2014 au Tiroler Festspiele Erl, en Autriche, a fait un \u00e9v\u00e9nement mondial \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg en janvier 2015 au th\u00e9\u00e2tre Mariinsky avec, dans le r\u00f4le-titre, Jose Carreras qui apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;absence revenait sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0En m\u00eame temps Emilio Sagi pr\u00e9parait sa double mise en sc\u00e8ne de Lady be good de Gershwin en diptyque avec Luna de miel en el Cairo zarzuela de Francisco Alonso, cr\u00e9\u00e9 le 30 janvier 2015 au Teatro de la Zarzuela \u00e0 Madrid.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-3795\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EMILIO-SAGI-2010.JPG.jpg\" alt=\"EMILIO SAGI 2010.JPG\" width=\"247\" height=\"357\" data-id=\"3795\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EMILIO-SAGI-2010.JPG.jpg 330w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EMILIO-SAGI-2010.JPG-34x50.jpg 34w\" sizes=\"auto, (max-width: 247px) 100vw, 247px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0<em>N\u00e9 en 1948 \u00e0 Oviedo (Asturies) dans une famille de grands chanteurs, Emilio Sagi Barba son grand-p\u00e8re, et Luis Sagi Vela, son oncle, tous deux c\u00e9l\u00e8bres barytons, Emilio Sagi fait des \u00e9tudes litt\u00e9raires en Espagne et musicologiques \u00e0 Londres. Il enseigne la litt\u00e9rature anglaise et nord-am\u00e9ricaine ainsi que l&rsquo;histoire de la musique et obtient en 1979 un Doctorat en philologie anglaise. Durant ses \u00e9tudes il fait partie du Ch\u0153ur et du Laboratoire de Danse Universitaire. Sa vocation artistique s&rsquo;impose. Le tournant d\u00e9cisif se produit en 1980 quand il monte La Traviata de Verdi au Teatro Campoamor d&rsquo;Oviedo. En 1982 il d\u00e9bute au Teatro de la Zarzuela \u00e0 Madrid avec Don Pasquale de Donizetti et encha\u00eene depuis les mises en sc\u00e8ne de grandes zarzuelas et op\u00e9ras parmi lesquels : La del manojo de rosas et Katiuska de Sorozabal, La corte del faraon de Vicente Lleo, Carmen de Bizet, La boh\u00e8me de Puccini, Les puritains de Bellini, Le barbier de S\u00e9ville et L&rsquo;Italienne \u00e0 Alger de Rossini et plusieurs cr\u00e9ations contemporaines. Distingu\u00e9 par de nombreux Prix en Espagne et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, Emilio Sagi est depuis 2011 membre du Conseil des Arts et des Sciences d&rsquo;Asturies. Son nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 une rue d&rsquo;Oviedo, sa ville natale et capitale des Asturies.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Ir\u00e8ne Sadowska Guillon &#8211; Votre milieu familial \u00e9tait celui de la musique, des grandes voix lyriques. Vous avez opt\u00e9 cependant pour des \u00e9tudes litt\u00e9raires sans pour autant perdre de vue la musique. Qu&rsquo;est-ce qui vous a fait passer le Rubicon et aborder la mise en sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre lyrique ?<\/p>\n<p>Emilio Sagi &#8211; La fin des ann\u00e9es 1970 \u00e9tait une \u00e9poque de grande effervescence artistique dans les Universit\u00e9s, en l&rsquo;occurrence celle d&rsquo;Oviedo. C&rsquo;est l\u00e0 que je me suis form\u00e9 dans le Ch\u0153ur et dans le Laboratoire de danse. Depuis mon enfance j&rsquo;ai baign\u00e9 dans l&rsquo;univers musical et th\u00e9\u00e2tral en particulier celui de l&rsquo;op\u00e9ra et de la zarzuela espagnole dont mon grand-p\u00e8re, mon p\u00e8re et mon oncle \u00e9taient de grands interpr\u00e8tes. C&rsquo;\u00e9tait une sorte de background pour ma future carri\u00e8re musicale.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes litt\u00e9raires m&rsquo;ont apport\u00e9 des connaissances passionnantes diff\u00e9rentes mais je crois que tout naturellement je me suis tourn\u00e9 vers le th\u00e9\u00e2tre que j&rsquo;avais respir\u00e9 depuis toujours. Je n&rsquo;avais pas particuli\u00e8rement d&rsquo;ambition de renouveler le genre de la zarzuela m\u00eame si on le dit aujourd&rsquo;hui, simplement de faire le mieux possible avec toutes les connaissances que j&rsquo;en avais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00a0I. S. G. -Dans votre travail de metteur en sc\u00e8ne vous avez abord\u00e9 tous les genres du th\u00e9\u00e2tre lyrique et musical. Cet \u00e9clectisme correspond-il \u00e0 votre choix ou r\u00e9sulte-t-il d&rsquo;une diversit\u00e9 des propositions qu&rsquo;on vous fait ?<\/p>\n<p>E. S. &#8211; Ce sont les th\u00e9\u00e2tres qui me demandent de mettre en sc\u00e8ne telle ou telle \u0153uvre aussi diff\u00e9rentes par exemple que Les mamelles de Tir\u00e9sias de Poulenc et un Cabaret La Celia que j&rsquo;ai mis en sc\u00e8ne il y a deux mois \u00e0 Buenos Aires. Pour ma part j&rsquo;aime beaucoup passer d&rsquo;une chose \u00e0 une autre totalement diff\u00e9rente. C&rsquo;est une sorte d&rsquo;hygi\u00e8ne intellectuelle.<\/p>\n<div id=\"attachment_3800\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3800\" class=\"wp-image-3800 size-full\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EmilioSagi3.jpg\" alt=\"EmilioSagi3\" width=\"500\" height=\"333\" data-id=\"3800\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EmilioSagi3.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/EmilioSagi3-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3800\" class=\"wp-caption-text\">\u00a0\u00bb Lady be good\u00a0\u00bb de Gershwin<\/p><\/div>\n<p>\u00a0Apr\u00e8s le diptyque Lady be good de Gershwin et Luna de miel en el Cairo de Francisco Alonso je vais faire Tancredi, un op\u00e9ra s\u00e9rieux de Rossini \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Lausanne coproduit par l&rsquo;Op\u00e9ra de Philadelphie et l&rsquo;Op\u00e9ra de Santiago du Chili. J&rsquo;avais mont\u00e9 avant des Rossini plus l\u00e9gers : le Barbier de S\u00e9ville, L&rsquo;Italienne \u00e0 Alger, Le voyage \u00e0 Reims. Apr\u00e8s je dois faire une nouvelle production de La Veuve joyeuse de Frantz Leh\u00e1r puis du Turc en Italie de Rossini \u00e0 Santiago du Chili en coproduction avec le Capitole de Toulouse et l&rsquo;Op\u00e9ra d&rsquo;Oviedo.<\/p>\n<p>\u00a0I. S. G. &#8211; Et en Espagne ?<\/p>\n<p>E. S. &#8211; Je vais faire une nouvelle production de Nabucco de Verdi et la saison prochaine Les puritains de Bellini au Teatro Real \u00e0 Madrid. C&rsquo;est une maison merveilleuse, j&rsquo;aime beaucoup y travailler.<\/p>\n<p>\u00a0I. S. G. &#8211; Vous y avez ouvert la saison 2014 \/ 2015 avec une tr\u00e8s belle version des Noces de Figaro de Mozart\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9 Les noces au Teatro Real \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la direction de G\u00e9rard Mortier dans une version sc\u00e9nique tr\u00e8s diff\u00e9rente. Je pense qu&rsquo;il faut essayer d&rsquo;aborder une \u0153uvre qu&rsquo;elle soit th\u00e9\u00e2trale ou lyrique chaque fois d&rsquo;une fa\u00e7on diff\u00e9rente en en explorant les potentialit\u00e9s. \u00c0 cet \u00e9gard Les noces de Figaro est pour moi une \u0153uvre parfaite du d\u00e9but \u00e0 la fin non seulement sur le plan musical mais aussi th\u00e9\u00e2tral. L&rsquo;histoire que raconte cet op\u00e9ra n&rsquo;a pas perdu d&rsquo;actualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par contre en montant Nabucco ou La somnambule, trop \u00e9loign\u00e9s de nous, on doit proposer au public d&rsquo;aujourd&rsquo;hui de nouveaux rep\u00e8res reconnaissables par lui.<\/p>\n<div id=\"attachment_3802\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3802\" class=\"wp-image-3802 size-full\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagizarcuela1.jpg\" alt=\"emiliosagizarcuela\" width=\"500\" height=\"318\" data-id=\"3802\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagizarcuela1.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagizarcuela1-78x50.jpg 78w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3802\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0Luna de miel en el Cairo\u00a0\u00bb de Francisco Alonso<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Ayant vu plusieurs de vos mises en sc\u00e8ne en France et en Espagne il me semble que vous ne cherchez pas \u00e0 transposer ou \u00e0 actualiser en collant \u00e0 une situation particuli\u00e8re d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, souvent anecdotique, mais vous essayez plut\u00f4t de nous rapprocher de l&rsquo;\u0153uvre sans la retraduire en termes strictement contemporains\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. -J&rsquo;essaye toujours de trouver des traits d&rsquo;union entre la tradition et la modernit\u00e9. Je me soucie beaucoup du public et je ne veux pas qu&rsquo;une partie sorte de la salle. Le point de vue contemporain est essentiel pour moi tout autant que le lien avec la tradition. Je pense toujours \u00e0 ce qu&rsquo;a dit le philosophe Adorno : la tradition se combine parfaitement avec la modernit\u00e9. C&rsquo;est ce que je recherche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Cette combinaison de la tradition avec la modernit\u00e9 est tr\u00e8s particuli\u00e8re de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne en Espagne. La tradition n&rsquo;est pas enferm\u00e9e dans les mus\u00e9es mais recycl\u00e9e par les g\u00e9n\u00e9rations successives, adapt\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e dans la vie\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; C&rsquo;est exactement cela. La tradition est vivante. En montant un op\u00e9ra ou une zarzuela je ne fais pas une vitrine de porcelaine de Limoges. Je veux qu&rsquo;ils soient vivants et proches des gens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Dans Luna de miel en el Cairo et dans Lady be good il y a cette vitalit\u00e9, on y entend des r\u00e9sonances avec notre \u00e9poque. Quand Jean-Pierre Choplin m&rsquo;a propos\u00e9 en 2006 de faire au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet Le chanteur de Mexico de Francis Lopez il a fallu faire une nouvelle version du livret qui \u00e9tait assez obsol\u00e8te. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;imprimer une touche plus contemporaine \u00e0 cette \u0153uvre, \u00e9crite dans les ann\u00e9es 1950 pour divertir le public, sans chercher \u00e0 en modifier le propos ni \u00e0 faire une lecture sociologique ou politique de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Quels ont \u00e9t\u00e9 vos influences et vos mod\u00e8les dans votre travail de mise en sc\u00e8ne ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; On subit toujours des influences avant de formuler son propre style. Mais m\u00eame aujourd&rsquo;hui je ne saurais pas d\u00e9finir le mien. Giorgio Strehler \u00e9tait un de mes grands mod\u00e8les \u00e0 la fois pour la vision de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, la recherche de la fusion de la tradition et de la modernit\u00e9 dans l&rsquo;esth\u00e9tique sc\u00e9nique, dans le jeu. J&rsquo;admire aussi beaucoup le travail de Willy Decker ou de Patrice Ch\u00e9reau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Vous dirigez les chanteurs comme si c&rsquo;\u00e9taient des acteurs. Il y a une vision tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale du jeu et de la dramaturgie sc\u00e9nique dans vos mises en sc\u00e8ne des op\u00e9ras\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; C&rsquo;est pour moi une r\u00e8gle de base que les chanteurs soient aussi acteurs. L&rsquo;op\u00e9ra, l&rsquo;op\u00e9rette et la zarzuela c&rsquo;est du th\u00e9\u00e2tre mais chant\u00e9. Je travaille toujours avec les chanteurs les d\u00e9tails tr\u00e8s pr\u00e9cis du jeu, des mouvements, du rythme. J&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;admiration pour eux car au-del\u00e0 d&rsquo;une grande technique vocale ils sont souvent de tr\u00e8s bons acteurs avec un registre du jeu insoup\u00e7onnable. Il faut seulement les aider \u00e0 utiliser tout ce potentiel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Le juge ou les enfants perdus l&rsquo;op\u00e9ra de Christian Kolonovits que vous avez cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re au Teatro Arriaga de Bilbao aborde la th\u00e9matique du vol des enfants sous le franquisme. Un sujet qui est rest\u00e9 longtemps un tabou en Espagne. Cet op\u00e9ra \u00e9tait ensuite pr\u00e9sent\u00e9 en Autriche et \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. Quelle a \u00e9t\u00e9 sa r\u00e9ception ?<\/p>\n<div id=\"attachment_3804\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3804\" class=\"wp-image-3804 size-full\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagimariinsky.jpg\" alt=\"emiliosagimariinsky\" width=\"500\" height=\"281\" data-id=\"3804\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagimariinsky.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/emiliosagimariinsky-84x47.jpg 84w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3804\" class=\"wp-caption-text\">\u00a0\u00bb Le juge ou les enfants perdus\u00a0\u00bb, l&rsquo;op\u00e9ra de Christian Kolonovits \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; Cet op\u00e9ra m&rsquo;a tout de suite captiv\u00e9, boulevers\u00e9, autant par son sujet que par sa musique. On d\u00e9couvre maintenant presque chaque mois dans les journaux des histoires d&rsquo;enfants vol\u00e9s aux familles r\u00e9publicaines, anti franquistes. M\u00eame si certains connaissaient ces faits ils n&rsquo;osaient pas en parler avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai fait une mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s dure, sans concessions du Juge qui s&rsquo;attaque \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise Catholique et \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite de l&rsquo;\u00e9poque de la dictature de Franco. C&rsquo;\u00e9tait un grand succ\u00e8s \u00e0 la fois \u00e0 Bilbao, en Autriche, et surtout \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg o\u00f9 le r\u00f4le du juge \u00e9tait repris par le grand Jos\u00e9 Carreras qui a l\u00e0-bas beaucoup de fans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je crois que le public \u00e9tait tr\u00e8s boulevers\u00e9 par cette histoire mais aussi surpris et conquis par la musique de Kolonovits qui a su cr\u00e9er une fusion originale et tr\u00e8s efficace entre la musique classique et la musique pop. Il m\u00e9lange de fa\u00e7on g\u00e9nial et novatrice des musiques dans le style de J\u00e9sus-Christ superstar avec des moments lyriques post pucciniens absolument sublimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Y a-t-il des interf\u00e9rences entre vos mises en sc\u00e8ne de Lady be good et de Luna de miel en el Cairo o\u00f9 vous recourez au proc\u00e9d\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre ?<\/p>\n<div id=\"attachment_3805\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3805\" class=\"wp-image-3805 size-full\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Emilio-Sagi1.jpg\" alt=\"Emilio Sagi1\" width=\"500\" height=\"334\" data-id=\"3805\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Emilio-Sagi1.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Emilio-Sagi1-74x50.jpg 74w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-3805\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0Lady be good\u00a0\u00bb de Gershwin<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; En lisant le livret de Luna de miel \u00e9crit en 1943 je l&rsquo;ai trouv\u00e9 un peu obsol\u00e8te. J&rsquo;ai redonn\u00e9 une actualit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;argument un peu d\u00e9mod\u00e9 en le mettant en ab\u00eeme du th\u00e9\u00e2tre. Il y a bien s\u00fbr des interf\u00e9rences entre les deux pi\u00e8ces. Tout d&rsquo;abord sur le plan musical. Presque tous les compositeurs des ann\u00e9es 1940 1950 en Espagne comme Francisco Alonso, Jacinto Guerrero, Pablo Sorozabal, Reveriano Soutullo, connaissaient tr\u00e8s bien le jazz, le ragtime. Ils utilisaient beaucoup dans leurs zarzuelas le saxo, la batterie, etc. et on trouve dans leur musique des influences, voire des \u00e9l\u00e9ments du jazz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a aussi dans les zarzuelas de Alonso ou de Sorozabal des influences de l&rsquo;op\u00e9rette fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai voulu rapprocher de nous ces deux pi\u00e8ces par des adaptations rythmiques et chor\u00e9graphiques. Nuria Castejon, chor\u00e9graphe, a trait\u00e9 par exemple dans Lady be good le charleston \u00e0 la fa\u00e7on rock. Je suis un passionn\u00e9 de rock. J&rsquo;adore David Bowie mais aussi d&rsquo;autres du type des Rolling Stones.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e dans votre mise en sc\u00e8ne de Lady be good et de Luna de miel en el Cairo par les r\u00e9f\u00e9rences aux films am\u00e9ricains de com\u00e9dies musicales\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; J&rsquo;adore ces films. Il y a dans ce spectacle des hommages tr\u00e8s clairs aux films du chor\u00e9graphe et r\u00e9alisateur Busby Berkeley. Je me nourris beaucoup de cela.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Aimeriez-vous monter West Side Story de Bernstein ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; Le film West Side Story de Robert Wise et J\u00e9r\u00f4me Robbins \u00e9tait tellement parfait que je n&rsquo;ose m\u00eame pas y penser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai eu tr\u00e8s peur en m&rsquo;attaquant au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet \u00e0 The sounds of music de Richard Rodgers. Je connaissais le film et je me disais qu&rsquo;on ne pourrait jamais l&rsquo;\u00e9galer. Finalement le spectacle \u00e9tait un succ\u00e8s non seulement aupr\u00e8s du public mais aussi de la critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0I. S. G. &#8211; Vous avez int\u00e9gr\u00e9 depuis un certain temps le Teatro Arriaga que vous dirigez depuis huit ans dans un r\u00e9seau international de coproductions et de tourn\u00e9es\u2026 Comment voyez-vous l&rsquo;avenir de cette politique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">E. S. &#8211; La saison 2012 \/ 2013 nous avons coproduit avec l&rsquo;op\u00e9ra de Monte-Carlo Il mondo della luna de Haydn qui a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 par la T\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise. Le juge a \u00e9t\u00e9 aussi une coproduction internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La saison 2014 \/ 15 est ma derni\u00e8re au Teatro Arriaga. Mon contrat s&rsquo;arr\u00eate fin d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai confiance que la prochaine direction va continuer et m\u00eame d\u00e9velopper la politique de collaboration internationale que j&rsquo;ai mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 mon avenir je vais certainement retravailler avec le Teatro Arriaga de Bilbao. Je n&rsquo;ai pas de projet de diriger un autre th\u00e9\u00e2tre, au moins maintenant. Mais, comme disait James Bond, on ne doit jamais dire jamais. J&rsquo;aime travailler un peu partout dans le monde, \u00eatre un aventurier de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 <strong><em>Cr\u00e9dit Photos: Ignacio Marqu\u00e9s, Fernando Marcos<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Emilio Sagi, arpenteur des sc\u00e8nes lyriques du monde \u00a0Lady be good de George Gershwin\/ Luna de miel en el Cairo de Francisco Alonso Teatro de la Zarzuela \u00e0 Madrid. 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