{"id":5582,"date":"2015-10-17T00:18:46","date_gmt":"2015-10-17T00:18:46","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=5582"},"modified":"2015-10-25T00:23:48","modified_gmt":"2015-10-25T00:23:48","slug":"un-grand-auteur-australien-a-decouvrir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=5582","title":{"rendered":"Un grand auteur australien \u00e0 d\u00e9couvrir"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">6 octobre &#8211; 8 novembre 2015<\/span> &#8211;\u00a0<span class=\"lieu-evenement\">Naves del Teatro Espa\u00f1ol de Madrid<\/span><\/p>\n<p><strong><em>Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e (When the rain stop falling)\u00a0de Andrew Bovell (traduction Jorge Muriel),\u00a0mise en sc\u00e8ne Julian Fuentes Reta<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9 en automne 2014 au Naves del Teatro Espa\u00f1ol de Madrid, r\u00e9compens\u00e9 par trois Prix Max. de Th\u00e9\u00e2tre, Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e, du dramaturge et cin\u00e9aste australien Andrew Bovell revient sur la sc\u00e8ne du m\u00eame th\u00e9\u00e2tre.\u00a0Rarement la d\u00e9couverte de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un auteur a suscit\u00e9 un tel enthousiasme du public et de la critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 <em>Andrew Bovell, n\u00e9 en 1962 \u00e0 Kalgoorlie (Australie), fait partie de la g\u00e9n\u00e9ration des auteurs qui ont d\u00e9but\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 en r\u00e9novant l&rsquo;\u00e9criture dramatique en relation directe avec la pratique sc\u00e9nique.\u00a0Il a travaill\u00e9 d&rsquo;abord, \u00e0 partir de 1987, comme auteur en r\u00e9sidence avec le Melbourne Workers Theatre, puis depuis 1989 avec le Merlbourne Theatre Company et le Darwin Theatre Company.\u00a0D\u00e8s ses premi\u00e8res pi\u00e8ces State of defense (1987), After diner (1988) The ballad of Lois Ryan, mont\u00e9es avec un grand succ\u00e8s en Australie et en Nouvelle Z\u00e9lande, il explore la part publique et priv\u00e9e des travailleurs.\u00a0Il commence \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 \u00e9crire des sc\u00e9narios et adapte certaines de ses pi\u00e8ces pour le cin\u00e9ma dont il devient rapidement sc\u00e9nariste \u00a0reconnu.\u00a0Ainsi par exemple sa pi\u00e8ce Speaking in tongues adapt\u00e9e sous le titre Lantana.\u00a0Il \u00e9crit des pi\u00e8ces courtes dont Fever compos\u00e9e de 4 \u00a0oeuvres courtes et participe avec d&rsquo;autres auteurs \u00e0 des \u00e9critures collectives entre autres avec Daniel Keene.\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5588\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_011.jpg\" alt=\"deje_llover_escena_01\" width=\"411\" height=\"217\" data-id=\"5588\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_011.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_011-84x45.jpg 84w\" sizes=\"auto, (max-width: 411px) 100vw, 411px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Les probl\u00e9matiques trait\u00e9es par Andrew Bovell vont de l&rsquo;isolement et de l&rsquo;incommunication entre les gens (Distant light dark places, 1994), les disparitions, les abus sexuels ou meurtres des enfants dans une communaut\u00e9 (Holly day, 2002), le sens de la vie \u00e0 deux (Scenes from a separation, 1995), la colonisation des Aborig\u00e8nes, les luttes pour la terre, les conflits culturels, raciaux et politiques en Australie (Secret river, 2013, Like whiskey on the breath of the drunk you love, 1992), la transmission des conflits et des secrets familiaux d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre et la destruction de la plan\u00e8te (When the rain stop falling, 2008), aux probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 happ\u00e9e par le capitalisme sauvage et l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 (Ship of fools, 1988, Who&rsquo;s afraid of the worker class, 1999).\u00a0Bovell a travaill\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es pour le th\u00e9\u00e2tre et pour le cin\u00e9ma aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 Londres o\u00f9 ses pi\u00e8ces sont tr\u00e8s jou\u00e9es.\u00a0Dans l&rsquo;\u0153uvre dramatique d&rsquo;Andrew Bovell l&rsquo;exploration des conflits et des faits occult\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une famille transmis \u00e0 travers plusieurs g\u00e9n\u00e9rations se croise avec la r\u00e9flexion sur les racines et l&rsquo;h\u00e9ritage des conflits politiques, sociaux, raciaux et sur l&rsquo;\u00e9tat de notre plan\u00e8te en d\u00e9gradation que nous allons transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes. \u0441\u0432\u044f\u0437\u0435 Ces th\u00e8mes culminent dans sa pi\u00e8ce \u00e9pique Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e (\u00e9crite en 2008) qui traverse quatre g\u00e9n\u00e9rations de la m\u00eame famille et deux continents depuis Londres des ann\u00e9es 1950 jusqu&rsquo;\u00e0 la c\u00f4te de l&rsquo;Australie du Sud et le d\u00e9sert en 2039. Dans cette travers\u00e9e construite comme un puzzle Andrew Bovell entrelace une s\u00e9rie d&rsquo;histoires reli\u00e9es par les secrets familiaux avec les strates temporelles : le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur. L&rsquo;histoire de la famille d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9e est une m\u00e9taphore de la d\u00e9sagr\u00e9gation de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle et de la destruction de notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5589\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_032.jpg\" alt=\"deje_llover_escena_03[2]\" width=\"405\" height=\"287\" data-id=\"5589\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_032.jpg 450w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/deje_llover_escena_032-71x50.jpg 71w\" sizes=\"auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 La pi\u00e8ce est un d\u00e9fi \u00e0 la sc\u00e8ne que Julian Fuentes Reta rel\u00e8ve brillamment dans sa vision sc\u00e9nique en tra\u00e7ant, \u00e0 travers un langage tr\u00e8s plastique et po\u00e9tique, des fils conducteurs dans la complexit\u00e9 labyrinthique de l&rsquo;\u0153uvre.\u00a0Dans \u00ab\u00a0Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e\u00a0\u00bb qu&rsquo;il d\u00e9finit comme une pi\u00e8ce m\u00e9lancolique et cathartique, Andrew Bovell arrive \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9tat de m\u00e9lancolie au sens \u00e9tymologique du mot, \u00e0 savoir un \u00e9tat de r\u00e9flexion profonde qui peut produire un changement radical. En tissant et en faisant converger les histoires d&rsquo;une famille disloqu\u00e9e par les abandons des fils par les p\u00e8res, les secrets d&rsquo;inceste et d&rsquo;abus, avec la th\u00e9matique de la d\u00e9gradation de la plan\u00e8te, Andr\u00e9 Bovell nous met face \u00e0 nos responsabilit\u00e9s et \u00e0 notre l\u00e2chet\u00e9 d&rsquo;accepter la fatalit\u00e9 et de nous consid\u00e9rer impuissants devant cet \u00e9tat des choses.\u00a0Devons-nous continuer \u00e0 reproduire les mod\u00e8les de relations, d&rsquo;abus, de conflits dans la famille et dans la soci\u00e9t\u00e9 ?\u00ab Si nous ne pouvons d\u00e9faire le pass\u00e9 nous pouvons essayer de le comprendre et de nous r\u00e9concilier avec lui pour construire notre futur et surtout r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la fatalit\u00e9 et du destin pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;enjeu de ma pi\u00e8ce \u00bb dit Andrew Bovell.\u00a0Sur sc\u00e8ne six personnages de quatre g\u00e9n\u00e9rations de la m\u00eame famille, dont trois \u00e0 deux \u00e2ges diff\u00e9rents sont jou\u00e9s chacun par deux acteurs, se confrontent aux secrets du pass\u00e9 : blessures, abandons, destruction des liens, transmis d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;autre jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;un d&rsquo;eux trouve un jour le courage de d\u00e9fier cet h\u00e9ritage.\u00a0Peu d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments : meuble de cuisine, deux tables, chaises, dans l&rsquo;espace sc\u00e9nique contenant des strates temporelles diff\u00e9rentes, superpos\u00e9es dans certaines sc\u00e8nes (sc\u00e9nographie Ivan Arroyo). Les costumes \u00e9voquant certains ceux de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, d&rsquo;autres d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les \u00e9clairages modulent les ambiances, d\u00e9limitent les zones du jeu, dramatisent les situations, cr\u00e9ent la sensation d&rsquo;intimit\u00e9 ou au contraire ouvrent l&rsquo;espace.\u00a0Les acteurs, tous excellents, glissent d&rsquo;un plan temporel \u00e0 un autre. Les arriv\u00e9es ou les d\u00e9parts de certains personnages \u00e9voquent \u00e0 la fois voyage, d\u00e9placement, rupture, fuite, retour dans l&rsquo;histoire d&rsquo;une famille et font en m\u00eame temps r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;histoire de la soci\u00e9t\u00e9 australienne constitu\u00e9e de diff\u00e9rentes couches d&rsquo;exil\u00e9s, des survivants des populations aborig\u00e8nes massacr\u00e9s ou spoli\u00e9s de leurs terres.\u00a0On \u00e9voque dans la pi\u00e8ce le d\u00e9sert inond\u00e9. L&rsquo;image qui fait penser au d\u00e9luge biblique, une forme de fin du monde, de l&rsquo;humanit\u00e9. Les protagonistes de la pi\u00e8ce, quatre g\u00e9n\u00e9rations de la m\u00eame famille seraient, telle la famille de No\u00e9 embarqu\u00e9s dans l&rsquo;Arche avec divers sp\u00e9cimens d&rsquo;animaux, un ultime noyau de l&rsquo;humanit\u00e9 qui sera sauv\u00e9e ici non pas par la volont\u00e9 ou l&rsquo;intervention d&rsquo;un Dieu mais par la volont\u00e9 profonde de changement, de r\u00e9conciliation pour construire le futur. Une famille-humanit\u00e9 qui serait capable de comprendre les erreurs du pass\u00e9, capable de compassion et de transformation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Le repas familial, le poisson, revient comme un leitmotiv dans plusieurs sc\u00e8nes. Dans la sc\u00e8ne finale tous les personnages viennent s&rsquo;asseoir en ligne d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 de la table pour manger la soupe de poisson et se passent de main en main tous les objets du pass\u00e9. L&rsquo;image \u00e9voque La derni\u00e8re C\u00e8ne du Christ. Mais pour Bovell la sc\u00e8ne ne se r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 ce tableau et le poisson n&rsquo;est pas un symbole chr\u00e9tien mais la m\u00e9taphore de la d\u00e9gradation de la plan\u00e8te, de ce qui dispara\u00eet, de ce que nous d\u00e9truisons. Dans 20-30 ans le poisson qui faisait partie de nos repas quotidiens va dispara\u00eetre de nos menus.\u00a0L&rsquo;images du poisson qui tombe des cintres dans une sc\u00e8ne a une double signification : est-ce la fin du monde, la disparition de ce que mangeait le grand-p\u00e8re ? \u00a0Ou le d\u00e9jeuner du petit-fils ? Les sc\u00e8nes des repas dans le spectacle renvoient \u00e0 la famille r\u00e9unie autour de la table, ce qui aussi se perd de plus en plus aujourd&rsquo;hui.\u00a0La mise en sc\u00e8ne de Julian Fuentes Reta rel\u00e8ve toutes ces questions sans didactisme ni ton d\u00e9nonciateur en nous laissant devant l&rsquo;alternative : acceptons-nous la fatalit\u00e9 de la d\u00e9sagr\u00e9gation de notre environnement humain et naturel ou allons-nous sauver ce qui reste pour construire notre futur ?<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photos:\u00a0Naves del Teatro Espa\u00f1ol de Madrid<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>6 octobre &#8211; 8 novembre 2015 &#8211;\u00a0Naves del Teatro Espa\u00f1ol de Madrid Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e (When the rain stop falling)\u00a0de Andrew Bovell (traduction Jorge Muriel),\u00a0mise en sc\u00e8ne Julian Fuentes Reta Cr\u00e9\u00e9 en automne 2014 au Naves del Teatro Espa\u00f1ol de Madrid, r\u00e9compens\u00e9 par trois Prix Max. de Th\u00e9\u00e2tre, Quand la pluie s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":2,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5582","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5582"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5582\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}