{"id":6221,"date":"2015-12-13T23:04:21","date_gmt":"2015-12-13T23:04:21","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=6221"},"modified":"2015-12-14T11:44:24","modified_gmt":"2015-12-14T11:44:24","slug":"sexiler-de-la-realite-linstant-dun-reve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=6221","title":{"rendered":"S&rsquo;exiler de la r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;instant d&rsquo;un r\u00eave"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"lieu-evenement\">Teatro Tribue\u00f1e \u00e0 Madrid\u00a0tous les vendredis \u00e0 20 h et samedis \u00e0 19 h jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la saison:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le regard d&rsquo;Eros (La mirada de Eros) d&rsquo;apr\u00e8s Un conte de f\u00e9e de Vladimir Nabokov<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">adaptation et mise en sc\u00e8ne Irina Kouberskaia\u00a0; sc\u00e9nographie Eduardo P\u00e9rez de Carrera<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6226\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaEros1.jpg\" alt=\"IrinaEros1\" width=\"500\" height=\"231\" data-id=\"6226\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaEros1.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaEros1-84x39.jpg 84w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pour beaucoup Vladimir Nabokov \u00e9quivaut \u00e0 Lolita (1959), son c\u00e9l\u00e8bre roman scandaleux \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque qui, tel un arbre, a occult\u00e9 l&rsquo;immense for\u00eat de son \u00e9criture. \u00c0 l&rsquo;instar de la vie de Nabokov, ce Russe cosmopolite n\u00e9 en 1899 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, exil\u00e9 en Europe, puis aux \u00c9tats-Unis et mort en 1977 en Suisse, l&rsquo;\u0153uvre de ce po\u00e8te de la libert\u00e9 est une mosa\u00efque de formes, de genres, d&rsquo;inspirations et d&rsquo;esth\u00e9tiques diverses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Irina Kouberskaia, actrice, metteur en sc\u00e8ne, fondatrice et directrice du Teatro Tribue\u00f1e \u00e0 Madrid, extrait de cette mine de tr\u00e9sors litt\u00e9raires un texte peu connu Un conte de f\u00e9e qu&rsquo;elle vient de cr\u00e9er dans son th\u00e9\u00e2tre sous le titre Le regard d&rsquo;Eros. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;un texte de Nabokov est port\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre en Espagne. \u00a0Russe, exil\u00e9e elle-m\u00eame en 1973 en Espagne, Irina Kouberskaia qui a une affinit\u00e9 particuli\u00e8re avec l&rsquo;esprit et l&rsquo;univers de l&rsquo;\u0153uvre de son c\u00e9l\u00e8bre compatriote, traduit magistralement sur sc\u00e8ne la part fantastique, l&rsquo;absurde, le grotesque de la vie qui permettent de s&rsquo;exiler de la r\u00e9alit\u00e9 banale, d&rsquo;\u00e9chapper au pouvoir et, \u00e0 l&rsquo;oppression de la norme.\u00a0Int\u00e9grant dans la trame dramatique du spectacle quelques \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s dans d&rsquo;autres textes de Nabokov, Irina Kouberskaia l&rsquo;articule sur le th\u00e8me de l&rsquo;amour, de la sexualit\u00e9, de l&rsquo;\u00e9rotisme, de la force magique, lib\u00e9ratrice du r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6222\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaOriola-03.jpg\" alt=\"IrinaOriola 03\" width=\"405\" height=\"247\" data-id=\"6222\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaOriola-03.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaOriola-03-310x190.jpg 310w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaOriola-03-82x50.jpg 82w\" sizes=\"auto, (max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 Il s&rsquo;appelle Erwin. Un citoyen x, insignifiant, un employ\u00e9 qui tous les jours fait le m\u00eame trajet aller-retour \u00e0 son bureau, soumis \u00e0 la routine quotidienne du travail, seul, sans famille, sans amis, en manque d&rsquo;amour, souffrant de son blocage face aux femmes. Cependant il a une capacit\u00e9 de r\u00eaver, une imagination d\u00e9bordante qui vont le sortir de la monotonie du quotidien par un d\u00e9clic magique qui lui fait transgresser ses frustrations, ses inhibitions \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes et lib\u00e8re ses d\u00e9sirs.\u00a0Une femme impressionnante, \u00e9l\u00e9gante, se pr\u00e9sentant comme Madame Ott, appara\u00eet un jour devant Erwin assis \u00e0 une table de caf\u00e9. Elle lui propose un pacte. Gr\u00e2ce \u00e0 son pouvoir le d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9, de poss\u00e9der des femmes qu&rsquo;il n&rsquo;ose pas aborder, peut s&rsquo;accomplir. La diablesse, Madame Ott ne demande pas l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;Erwin. Il aura 24 heures pour choisir des femmes qui l&rsquo;attirent, le fascinent pour composer son harem. La seule condition : il faut que le nombre de femmes soit impair. La chose semble simple, il suffit de compter mais nous sommes dans un monde du conte de f\u00e9e, irrationnel, les pulsions, les d\u00e9sirs, l&rsquo;imaginaire l&#8217;emportent sur la raison. Le protagoniste comme hypnotis\u00e9 par son d\u00e9sir est totalement happ\u00e9 par sa passion insatiable. Deux minutes avant que le d\u00e9lai de 24 heures n&rsquo;arrive \u00e0 terme Erwin ajoutera \u00e0 sa collection de\u00a011 femmes la douzi\u00e8me (chez Nabokov, il s\u2019agit de la treizi\u00e8me qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre\u00a0\u2026 la premi\u00e8re). Son r\u00eave, telle une bulle de savon, s&rsquo;envole, mais le temps de r\u00eaver il s&rsquo;est \u00e9vad\u00e9 des cha\u00eenes des tabous et lib\u00e9r\u00e9 de ses complexes.\u00a0Int\u00e9grant dans la trame dramatique du spectacle quelques \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s dans d&rsquo;autres textes de Nabokov, Irina Kouberskaia l&rsquo;articule sur le th\u00e8me de l&rsquo;amour, de la sexualit\u00e9, de l&rsquo;\u00e9rotisme, de la force magique, lib\u00e9ratrice du r\u00eave.\u00a0\u00abNabokov \u2013 dit Irina Kouberskaia &#8211; r\u00e9cup\u00e8re dans son \u00e9criture ce que nous avons occult\u00e9, \u00e9cart\u00e9, les sentiments, les fantasmes, les d\u00e9sirs. \u00bb En grande manipulatrice du fantastique, du magique, elle les fait s&rsquo;infiltrer dans la banalit\u00e9 du quotidien d&rsquo;Erwin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6223\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaPortada-Antonio-Sosa.jpg\" alt=\"IrinaPortada - Antonio Sosa\" width=\"293\" height=\"440\" data-id=\"6223\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaPortada-Antonio-Sosa.jpg 320w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/IrinaPortada-Antonio-Sosa-33x50.jpg 33w\" sizes=\"auto, (max-width: 293px) 100vw, 293px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Erwin pourrait \u00eatre un lointain cousin de Faust ou de Sigismond de La vie est un songe de Calder\u00f3n. Il est surtout le r\u00e9v\u00e9lateur des interdits et de l&rsquo;hypocrisie de la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale, celle d&rsquo;il y a un si\u00e8cle mais aussi de la n\u00f4tre, prohibitive, coercitive, r\u00e9gie par les technologies. Si dans notre monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;y a plus de M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s ni de mages qui pr\u00e9disent le destin d&rsquo;un homme, le hasard op\u00e8re toujours et peut en un instant, comme par un tour de cartes, changer le cours de notre vie.\u00a0Autant l&rsquo;accomplissement du r\u00eave de Faust contract\u00e9 avec le diable que celui d&rsquo;Erwin sont soumis \u00e0 des contingences temporelles. Ni pour l&rsquo;un ni pour l&rsquo;autre le temps ne suspendra son vol.\u00a0\u00c0 la fin Erwin conscient de l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re de son existence r\u00eav\u00e9e dira : \u00ab Je suis seulement une petite lumi\u00e8re allum\u00e9e par hasard qui peut \u00eatre \u00e9teinte d&rsquo;un souffle\u00bb.\u00a0Dans une sc\u00e9nographie tr\u00e8s d\u00e9pouill\u00e9e, efficace, un espace irr\u00e9el, du r\u00eave d&rsquo;Eduardo P\u00e9rez de Carrera \u00e0 laquelle ses \u00e9clairages et ceux de Manuel Perez Munoz conf\u00e8rent une dimension myst\u00e9rieuse, Irina Kouberskaia fait advenir sur sc\u00e8ne un univers po\u00e9tique, onirique qui renvoie au th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 comme par un tour de magie on s&rsquo;\u00e9chappe des limites de la r\u00e9alit\u00e9.\u00a0Sur sc\u00e8ne juste une petite table o\u00f9 le narrateur \u2013 Erwin, au d\u00e9but du spectacle, fait un tour de cartes, image de la magie, du hasard qui peut changer le destin d&rsquo;un \u00eatre. Sur les deux c\u00f4t\u00e9s du plateau et au fond des panneaux sur lesquels au d\u00e9but du spectacle sont projet\u00e9es des images d&rsquo;une ville du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, \u00e9poque dans laquelle se situe l&rsquo;action du conte et des images de femmes nues dans diverses poses.\u00a0Ivan Oriola parle \u00e0 la troisi\u00e8me personne, il est le narrateur et Erwin et interpr\u00e8te aussi Madame Ott. Comme dans un spectacle d&rsquo;illusionnisme il a son assistant (Jos\u00e9 Manuel Ramos) en costume noir, dissimul\u00e9 dans l&rsquo;ombre, qui \u00e0 certains moments apporte quelques \u00e9l\u00e9ments : chapeau, deux lanternes faisant les phares d&rsquo;une voiture, etc.\u00a0Les ambiances, les situations, comme chez Peter Brook, se fabriquent de fa\u00e7on tr\u00e8s simple avec le minimum d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments ou simplement avec des images cr\u00e9\u00e9es par l&rsquo;acteur. Ainsi par exemple pour \u00e9voquer le voyage dans le tramway, il l\u00e8ve simplement la main pour tenir une poign\u00e9e invisible et bouge comme s&rsquo;il \u00e9tait secou\u00e9. Parmi d&rsquo;autres images sc\u00e9niques tr\u00e8s inventives, impr\u00e9gn\u00e9es d&rsquo;humour, celle o\u00f9 Erwin excit\u00e9 se masturbe le dos au public puis se retourne et lance une gerbe de serpentins en tissu blanc.\u00a0Ivan Oriola subjugue par ses registres de jeu, son talent du mime, sa fa\u00e7on d&rsquo;incarner des situations comiques, de traverser l&rsquo;histoire d&rsquo;Erwin. Il rend si proche de nous cet homme d&rsquo;origine hybride, cocktail de sang fran\u00e7ais, allemand, russe et polonais, \u00e0 l&rsquo;enfance malheureuse, solitaire, frustr\u00e9 et traumatis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, qui, au hasard d&rsquo;une rencontre, s&rsquo;envole, se comparant \u00e0 \u00ab un pingouin qui vole seulement en r\u00eave \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 Le regard d&rsquo;Eros est une rencontre au sommet de trois exil\u00e9s Russes, dans son cheminement th\u00e9\u00e2tral avec Nabokov Irina Kouberskaia est accompagn\u00e9e par la musique de Sergue\u00ef Rachmaninov dont le souffle puissant, les vagues sonores d\u00e9ferlantes respirent la sensualit\u00e9, la libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cr\u00e9dit photo: Teatrotribuene<\/em><\/p>\n<p>http:\/\/teatrotribuene.com\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Teatro Tribue\u00f1e \u00e0 Madrid\u00a0tous les vendredis \u00e0 20 h et samedis \u00e0 19 h jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la saison: Le regard d&rsquo;Eros (La mirada de Eros) d&rsquo;apr\u00e8s Un conte de f\u00e9e de Vladimir Nabokov adaptation et mise en sc\u00e8ne Irina Kouberskaia\u00a0; sc\u00e9nographie Eduardo P\u00e9rez de Carrera \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pour beaucoup Vladimir Nabokov &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6221","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6221"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6221\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6221"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}