{"id":6627,"date":"2016-01-20T15:25:33","date_gmt":"2016-01-20T15:25:33","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=6627"},"modified":"2016-01-22T15:47:37","modified_gmt":"2016-01-22T15:47:37","slug":"jusqua-la-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=6627","title":{"rendered":"Jusqu&rsquo;\u00e0 la lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">16 &#8211; 30 janvier 2016<\/span> &#8211;<span class=\"lieu-evenement\">\u00c0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Madrid (Teatro Real)<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>La fl\u00fbte enchant\u00e9e (Die Zauberfl\u00f6te) de Wolfgang Amadeus Mozart<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mise en sc\u00e8ne de Barrie Kosky avec Suzanne Andrade et Paul Barrit de la Compagnie 1927.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Distribution du 19 janvier 2016:\u00a0<\/em>Barbastro, basse \u2013 Christof Fischesser, Tamino, t\u00e9nor, \u2013 Joel Prieto, La Reine de la nuit, soprano, \u2013 Ana Durlovski,soprane, Pamina \u2013 Sophie Bevan, Papageno, bariton \u2013 Joan Martin \u2013 Royo. \u00a0L&rsquo;Orchestre et le Ch\u0153ur du Teatro Real de Madrid sous la direction de Ivor Bolton<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6628\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-0772-1.jpg\" alt=\"FlautaMagicaIII 0772 (1)\" width=\"500\" height=\"333\" data-id=\"6628\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-0772-1.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-0772-1-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00c0 l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de L\u00e9opold II W. A. Mozart tombe en disgr\u00e2ce, \u00e9cart\u00e9 de la sc\u00e8ne musicale il vit dans la mis\u00e8re. Le librettiste Emmanuel Schikaneder, ma\u00e7on comme Mozart, soumet au compositeur l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un op\u00e9ra sur le th\u00e8me ma\u00e7onnique qui devient La fl\u00fbte enchant\u00e9e, incarnation absolue du g\u00e9nie mozartien, son testament artistique, intellectuel et humain. L&rsquo;\u0153uvre est cr\u00e9\u00e9e le 30 septembre 1791 \u00e0 Vienne. Mozart meurt deux mois plus tard.\u00a0Il \u00e9crit La fl\u00fbte enchant\u00e9e dans le genre Singspiel, forme op\u00e9ratique qui alterne les parties parl\u00e9es et chant\u00e9es, destin\u00e9e \u00e0 un public simple des quartiers populaires.\u00a0Barrie Kosky, metteur en sc\u00e8ne australien de renomm\u00e9e internationale, propose une vision sc\u00e9nique de La fl\u00fbte enchant\u00e9e d&rsquo;une modernit\u00e9 surprenante en totale osmose avec l&rsquo;esprit populaire du chef-d&rsquo;\u0153uvre mozartien qu&rsquo;il transpose en un op\u00e9ra cin\u00e9ma, hommage au cin\u00e9ma muet des ann\u00e9es 1920 et en particulier \u00e0 celui de Buster Keaton. Une id\u00e9e extr\u00eamement pertinente qui, plus de 2 si\u00e8cles apr\u00e8s la cr\u00e9ation, renouvelle la lecture de cet op\u00e9ra en l&rsquo;immergeant dans la culture populaire contemporaine. \u00a0Cette nouvelle lecture est remarquablement servie par la distribution plus que parfaite, l&rsquo;orchestre et le ch\u0153ur du Teatro Real sous la baguette de Ivor Bolton, directeur musical du Teatro Real, grand sp\u00e9cialiste de Mozart et depuis 2004 directeur de l&rsquo;orchestre du Mozarteum de Salzbourg.\u00a0Cette production, cr\u00e9\u00e9e au Komische Oper de Berlin en 2012, continue depuis un tour du monde de fa\u00e7on quasi ininterrompue, dans de grands op\u00e9ras et festivals d&rsquo;Australie, d&rsquo;Europe, d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, de Chine et apr\u00e8s Madrid va \u00e0 Paris, puis \u00e0 Barcelone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6629\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1003.jpg\" alt=\"FlautaMagicaIII 1003\" width=\"490\" height=\"356\" data-id=\"6629\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1003.jpg 490w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1003-69x50.jpg 69w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0L&rsquo;argument de La flute enchant\u00e9e est un m\u00e9lange de conte fantastique, mystique d&rsquo;inspiration m\u00e9di\u00e9vale et d&rsquo;id\u00e9ologie ma\u00e7onnique progressiste articul\u00e9e dans l&rsquo;op\u00e9ra sur trois th\u00e8mes : fraternit\u00e9, amour comme voie de connaissance et musique comme supr\u00eame forme de communication plus forte que la parole. C&rsquo;est un voyage initiatique avec moult p\u00e9rip\u00e9ties et \u00e9preuves \u00e0 traverser sur la voie de la recherche de la connaissance et de la v\u00e9rit\u00e9. Un parcours que le prince Tamino fait en compagnie de Papageno de l&rsquo;obscurit\u00e9 du royaume de la Reine de la Nuit \u00e0 la lumi\u00e8re de la connaissance figur\u00e9e par le temple \u00e0 trois portes de Sarastro serviteur du Soleil. Les trois portes du temple portent les inscriptions : sagesse, raison, nature.\u00a0Dans la mise en sc\u00e8ne de Barrie Kosky il n&rsquo;y a aucune allusion au ma\u00e7onnisme ni \u00e0 sa symbolique. Elle propose une diversit\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation en recourant aux \u00e9l\u00e9ments de la culture populaire formant l&rsquo;imaginaire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et en se servant de moyens techniques actuels int\u00e9gr\u00e9s dans le langage sc\u00e9nique. Dans la mise en sc\u00e8ne de Barrie Kosky pas de d\u00e9cor traditionnel ni de conte de f\u00e9e, all\u00e9gorie morale. Sur le plateau nu juste un mur servant d&rsquo;\u00e9cran sur lequel sont projet\u00e9es des images et les textes des dialogues parl\u00e9s de l&rsquo;op\u00e9ra. Des panneaux tournant int\u00e9gr\u00e9s dans ce mur permettent de jouer dans la verticalit\u00e9 du plateau.\u00a0En mettant ainsi l&rsquo;op\u00e9ra en dialogue avec le cin\u00e9ma muet des ann\u00e9es 1920 il cr\u00e9e un univers visuel peupl\u00e9 de figures connues, populaires, des grands acteurs qui ont marqu\u00e9 l&rsquo;imaginaire et font partie de la culture du grand public. Ainsi par exemple Tamino tient d&rsquo;un amant beau et galant \u00e0 l&rsquo;image de Rudolf Valentino et Pamina de Louise Brook dans Lulu. Monostatos, monstre mal\u00e9fique noir devient le vampire Nosferatu, Papageno est inspir\u00e9 par le personnage et la gestuelle de Buster Keaton, la Reine de la Nuit, v\u00eatement blanc ample sur lequel est projet\u00e9 le dessin d&rsquo;un squelette, Papagena en costume \u00e0 paillettes, Sarastro, costume officiel des ann\u00e9es 1920, chapeau haut de forme et petite barbe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6630\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1559-1.jpg\" alt=\"FlautaMagicaIII 1559 (1)\" width=\"490\" height=\"337\" data-id=\"6630\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1559-1.jpg 490w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/FlautaMagicaIII-1559-1-73x50.jpg 73w\" sizes=\"auto, (max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Barrie Kosky convoque dans cet univers virtuel qui nous est familier d&rsquo;autres figures et personnages, entre autres ceux qui font partie du patrimoine du cin\u00e9ma d&rsquo;animation de Walt Disney : \u00e9l\u00e9phants roses, chats, oiseaux, chiens, objets anim\u00e9s. Mais on est impressionn\u00e9 surtout par la cr\u00e9ation d&rsquo;images anim\u00e9es avec des proc\u00e9d\u00e9s techniques les plus sophistiqu\u00e9s de la Compagnie 1927 de Suzanne Andrade et Paul Barritt, artistes ind\u00e9passables en la mati\u00e8re. Des images o\u00f9 la po\u00e9sie f\u00e9erique se conjugue avec l&rsquo;humour et la magie. Les chanteurs interagissent avec les images projet\u00e9es et le film d&rsquo;animation qui sont \u00e0 la fois des partenaires du jeu et les protagonistes de la trame dramatique. Ce proc\u00e9d\u00e9 exige des chanteurs de grandes qualit\u00e9s d&rsquo;acteurs, \u00e0 la fois une spontan\u00e9it\u00e9 dans le jeu, une totale pr\u00e9cision dans la synchronisation des mouvements avec les images. On est impressionn\u00e9 par leurs performances car tout cela fonctionne comme une montre suisse. Et non seulement dans le jeu mais aussi dans l&rsquo;interpr\u00e9tation de la partition mozartienne dont l&rsquo;enjeu, conform\u00e9ment au genre d&rsquo;op\u00e9ra populaire, est pr\u00e9cis\u00e9ment la synth\u00e8se de divers styles. Leur registre va des parties plus simples de Papageno \u00e0 celles de la Reine de la Nuit exigeant une grande virtuosit\u00e9. La structure de la partition, tr\u00e8s complexe stylistiquement, est une sorte de mosa\u00efque de chansons strophiques, d&rsquo;aria s\u00e9ria, d&rsquo;airs simples, de r\u00e9citatifs bufo \u00e0 l&rsquo;allemande et \u00e0 l&rsquo;italienne, d&rsquo;hymnes choraux grandioses, tous ces \u00e9l\u00e9ments se m\u00e9langeant dans le grand final.\u00a0Elena Copons, Gemma Coma-Alabert, Nadine Weissmann en dames de la Reine de la Nuit sont parfaites et tr\u00e8s dr\u00f4les dans leur badinage aimable au d\u00e9but du Ier acte. Jo\u00ebl Prieto (Tamino) conf\u00e8re \u00e0 son personnage un \u00e9lan passionnel, Ana Durlovski en Reine de la Nuit n&rsquo;assombrit pas son personnage, encha\u00eene sans difficult\u00e9 les vocalises extr\u00eamement p\u00e9rilleuses de l&rsquo;air du Ier acte en traversant avec virtuosit\u00e9 les \u00ab \u00e9preuves \u00bb de la partition.\u00a0Mais la palme de la virtuosit\u00e9 va \u00e0 Sophie Bevan en Pamina qui avec naturel se meut dans les aigues conf\u00e9rant au r\u00f4le une authentique sinc\u00e9rit\u00e9, profondeur et \u00e9motion. Joan Martin-Royo parfait vocalement en Papageno est tr\u00e8s Buster keatonnien sans imitation excessive. Il est remarquable dans son duo d&rsquo;amour avec Pamina dans le Ier acte et d&rsquo;une dr\u00f4lerie subtile dans son duo avec Papagena dans le IIe acte.\u00a0Tous les protagonistes sont de tr\u00e8s haut niveau mais je rel\u00e8ve particuli\u00e8rement la fra\u00eecheur juv\u00e9nile du ch\u0153ur des trois gar\u00e7ons. \u00a0\u00c0 l&rsquo;instar de Mozart qui a emprunt\u00e9 \u00e0 la Sonate de Cl\u00e9menti un des th\u00e8mes principaux de l&rsquo;ouverture de La fl\u00fbte enchant\u00e9e, Barrie Kosky et Ivor Bolton int\u00e8grent dans la partition et la mise en sc\u00e8ne des fragments des Fantaisies en do mineur et en r\u00e9 mineur de Mozart qui, interpr\u00e9t\u00e9s au piano, accompagnent certaines projections, comme au cin\u00e9ma muet.\u00a0L&rsquo;interpr\u00e9tation orchestrale et la mise en sc\u00e8ne rel\u00e8vent avec pertinence les temps forts de la dramaturgie et du propos de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Une production hors du commun et hors normes qui est un v\u00e9ritable exploit artistique. Le g\u00e9nie de Mozart trouve ici une vision sc\u00e9nique g\u00e9niale \u00e0 sa mesure, magique et contemporaine.<\/p>\n<p><em><strong>Autour de La fl\u00fbte enchant\u00e9e en janvier, f\u00e9vrier 2016<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>un cycle de films de Buster Keaton au Circulo de Bellas Artes<\/em><\/p>\n<p><em>la projection du film d&rsquo;Ingmar Bergman La fl\u00fbte enchant\u00e9e (1975)<\/em><\/p>\n<p><em>un concert dans le cadre des Dimanches de Chambre (Op\u00e9ra)<\/em><\/p>\n<p><em>des ateliers pour enfants.<\/em><\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photo: Teatro Real<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>16 &#8211; 30 janvier 2016 &#8211;\u00c0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Madrid (Teatro Real) La fl\u00fbte enchant\u00e9e (Die Zauberfl\u00f6te) de Wolfgang Amadeus Mozart Mise en sc\u00e8ne de Barrie Kosky avec Suzanne Andrade et Paul Barrit de la Compagnie 1927. Distribution du 19 janvier 2016:\u00a0Barbastro, basse \u2013 Christof Fischesser, Tamino, t\u00e9nor, \u2013 Joel Prieto, La Reine de la nuit, &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":1,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6627","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6627","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6627"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6627\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6627"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}