{"id":6938,"date":"2016-02-09T22:08:47","date_gmt":"2016-02-09T22:08:47","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=6938"},"modified":"2016-02-11T15:37:49","modified_gmt":"2016-02-11T15:37:49","slug":"dans-les-bas-fonds-dhier-et-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=6938","title":{"rendered":"Dans les bas-fonds d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"dates-evenement\">5 &#8211; 19 f\u00e9vrier 2016<\/span>&#8211; <span class=\"lieu-evenement\">\u00a0Teatro de la Zarzuela, Madrid<\/span><\/p>\n<p><em><strong>Cr\u00e9ation mondiale de Juan Jose, op\u00e9ra en 3 actes de Pablo Sorozabal\u00a0livret d&rsquo;apr\u00e8s la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Joaquin Dicenta;\u00a0mise en sc\u00e8ne Jos\u00e9 Carlos Plaza;\u00a0direction musicale Miguel Angel Gomez Martinez<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>avec dans les r\u00f4les principaux : Carmen Solis \u2013 Rosa (soprane), Silvia Vazquez \u2013 To\u00f1uela (soprane), Milagros Martin \u2013 Isidra (soprane), Antonio Ganda \u2013 Paco (t\u00e9nor), Jose Angel Odena \u2013 Juan Jose (baryton), Ruben Amoretti \u2013 Andres (basse) et 8 danseurs<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6939 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose5.jpg\" alt=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" width=\"500\" height=\"324\" data-id=\"6939\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose5.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose5-77x50.jpg 77w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p><span style=\"line-height: 1.5;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Juan Jose, op\u00e9ra de Pablo Sorozabal(1897 &#8211; 1988) d\u00e9fini par le compositeur comme \u00ab drame lyrique prol\u00e9taire \u00bb, autant par la modernit\u00e9 de la partition que par son sujet, tient une place \u00e0 part dans son \u0153uvre extr\u00eamement riche et diverse qui va de l&rsquo;op\u00e9ra, de la zarzuela \u00e0 la musique de ballets et de films.\u00a0<\/span>Un op\u00e9ra contemporain \u00e9crit en 1968, en pleine effervescence r\u00e9volutionnaire dans le monde alors que l&rsquo;Espagne vivait la derni\u00e8re p\u00e9riode de la dictature franquiste. \u00a0Juan Jose dont l&rsquo;action se situe dans les bas-fonds de Madrid met en sc\u00e8ne des antih\u00e9ros, des personnages marginaux, du lumpenprol\u00e9tariat et d\u00e9nonce la mis\u00e8re, l&rsquo;exploitation, les conditions intol\u00e9rables de vie du peuple. Le sujet, la critique cinglante de la r\u00e9alit\u00e9 sociale, choquait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, la musique qui bouleversait les codes habituels aussi.\u00a0Deux tentatives de cr\u00e9ation de Juan Jose en 1979 et en 1989 ont \u00e9chou\u00e9 en partie en raison des exigences du compositeur qui pour les r\u00f4les principaux voulait rien de moins que Teresa Berganza, Montserrat Caball\u00e9 et Placido Domingo. Apr\u00e8s la mort de Sorozabal le projet de cr\u00e9ation fut mis de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6946 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose11.jpg\" alt=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" width=\"500\" height=\"320\" data-id=\"6946\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose11.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose11-78x50.jpg 78w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Apr\u00e8s sa version concert en 2009 \u00e0 San Sebastian, gr\u00e2ce aux efforts du directeur musical Miguel Angel Gomez Martinez et \u00e0 la volont\u00e9 de Paolo Pinamonti, ex-directeur du Teatro de la Zarzuela, la cr\u00e9ation mondiale de Juan Jose a eu enfin lieu le 5 f\u00e9vrier 2016. Et c&rsquo;est une r\u00e9ussite absolue.\u00a0Il y a une certaine proximit\u00e9 entre L&rsquo;op\u00e9ra de quat&rsquo;sous de Brecht &#8211; Weill et Juan Jose de Sorozabal, \u00e0 la fois quant au sujet et \u00e0 l&rsquo;atypicit\u00e9 de la composition musicale, \u00e0 ceci pr\u00e8s que l&rsquo;une est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre avec des songs, l&rsquo;autre un op\u00e9ra contemporain. La partition de Juan Jose tr\u00e8s complexe marque un tournant dans la composition de Sorozabal. Il y r\u00e9ussit une alchimie parfaite des racines et des formes de la musique espagnole populaire avec des harmonies os\u00e9es, presque choquantes, des \u00e9l\u00e9ments atonaux sans renoncer aux lignes m\u00e9lodiques. Par moments on y trouve des proximit\u00e9s avec Stravinsky et Kurt Weill. La partition vocale exige des voix presque wagn\u00e9riennes.\u00a0Le livret inspir\u00e9 par la pi\u00e8ce de Joaquin Dicenta, situe l&rsquo;action au d\u00e9but du XXe s. dans les bas quartiers de Madrid en conservant le langage populaire. Jose Carlos Plaza, le metteur en sc\u00e8ne, a raison de dire que par sa trame prol\u00e9taire, la violence et la duret\u00e9 du propos Juan Jose peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 Woyzeck de B\u00fcchner. L&rsquo;op\u00e9ra de Sorozabal est en effet un portrait de la r\u00e9alit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 la fois celle d&rsquo;il y a un si\u00e8cle et de la n\u00f4tre avec la mis\u00e8re, le ch\u00f4mage, la violence, la violence contre les femmes, les diverses formes d&rsquo;exploitation, la corruption, l&rsquo;arrivisme, l&rsquo;analphab\u00e9tisme. Juan Jose, un ouvrier ma\u00e7on, illettr\u00e9, abandonn\u00e9 enfant par ses parents, \u00e9lev\u00e9 par une femme qui le faisait mendier, est follement amoureux de Rosa. Celle-ci renvoy\u00e9e de son travail, sans ressource aucune, est pouss\u00e9e par l&rsquo;entremetteuse Isidra dans les bras du contrema\u00eetre Paco qui la courtise. \u00c0 la suite de son altercation avec Paco, son employeur, Juan Jose perd son travail. Pour procurer une vie meilleure \u00e0 Rosa il vole et se retrouve en prison. Apprenant que Rosa vit avec Paco qui l&rsquo;entretient il s&rsquo;\u00e9chappe de la prison avec l&rsquo;intention de tuer Paco et de r\u00e9cup\u00e9rer Rosa. Il la surprend en train de se pr\u00e9parer pour aller \u00e0 une f\u00eate avec Paco. Alors qu&rsquo;elle essaye d&#8217;emp\u00eacher le meurtre il tente de la faire taire et l&rsquo;\u00e9touffe par accident<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-6940 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJ.jpg\" alt=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" width=\"500\" height=\"216\" data-id=\"6940\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJ.jpg 600w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJ-84x36.jpg 84w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0L&rsquo;action se d\u00e9roule d&rsquo;abord dans une taverne d&rsquo;un quartier pauvre puis dans la mansarde mis\u00e9rable o\u00f9 vivent Juan Jose et Rosa enfin dans l&rsquo;appartement confortable de Paco et Rosa.\u00a0Conjuguant dans sa mise en sc\u00e8ne le r\u00e9el et l&rsquo;irr\u00e9el, la violence et le grotesque, Jose Carlos Plaza cr\u00e9e une distance po\u00e9tique par rapport au v\u00e9risme de l&rsquo;\u0153uvre et met en relief les correspondances entre la soci\u00e9t\u00e9 du d\u00e9but du XXe s. et la n\u00f4tre. Il op\u00e8re cette distance po\u00e9tique en introduisant des peintures dans le d\u00e9cor, ramen\u00e9 au strict n\u00e9cessaire et un groupe de huit danseurs qui dans les deux premiers actes refl\u00e8tent en arri\u00e8re-plan, \u00e0 travers les mouvements distordus, la mis\u00e8re, la douleur, le d\u00e9sarroi des protagonistes. Ce langage chor\u00e9graphique muet, gestuel, renvoie aussi \u00e0 la pauvret\u00e9 intellectuelle, \u00e0 la difficult\u00e9 d&rsquo;exprimer les sentiments, les \u00e9motions autrement que par la violence de ces gens laiss\u00e9s pour compte, sans avenir.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6941 aligncenter\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose6.jpg\" alt=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" width=\"500\" height=\"318\" data-id=\"6941\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose6.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/JuanJose6-79x50.jpg 79w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Sur le plateau les trois lieux sont \u00e9voqu\u00e9s juste par quelques \u00e9l\u00e9ments et des peintures dans le fond qui cassent le r\u00e9alisme. La taverne, avec deux tables et des bancs, un comptoir avec quelques bouteilles et en peinture en arri\u00e8re-plan l&rsquo;esquisse d&rsquo;\u00e9tag\u00e8res avec des bouteilles de guingois. Image qui donne la sensation du d\u00e9s\u00e9quilibre, d&rsquo;un monde d\u00e9labr\u00e9.\u00a0La mansarde du IIe acte est figur\u00e9e par un lit, chaise, brasero, un po\u00eale et un tas de v\u00eatements us\u00e9s. La peinture au fond, non r\u00e9aliste, \u00e9voque des toits enneig\u00e9s d&rsquo;une ville. Plateau vide dans la sc\u00e8ne de la prison, juste sur le panneau au fond quelques silhouettes peintes de prisonniers r\u00e9percutant avec les danseurs les personnages prisonniers.\u00a0Dans le IIIe acte l&rsquo;appartement presque ais\u00e9, lit, fauteuil, beaux v\u00eatements suspendus de c\u00f4t\u00e9 et en arri\u00e8re-plan l&rsquo;image \u00e9voquant les toits.\u00a0Le r\u00f4le du ch\u0153ur absent dans cet op\u00e9ra est repris en quelque sorte par les danseurs. Les chanteurs, vocalement parfaits jusqu&rsquo;au moindre d\u00e9tail de leurs partitions, cr\u00e9ent des personnages authentiques, de chair et d&rsquo;os, en relevant leur complexit\u00e9 \u00e9motionnelle et leur conditionnement social.\u00a0Il y a une totale harmonie dans la distribution. Le couple Rosa (Carmen Solis) et Juan Jose (Jose Angel Odena) affronte avec une impressionnante aisance les difficult\u00e9s vocales et le registre dramatique de leurs partitions.\u00a0Le chef d&rsquo;orchestre, Miguel Angel Gomez Martinez qui s&rsquo;est battu longtemps pour aboutir la cr\u00e9ation de Juan Jose insuffle \u00e0 l\u2019Orchestre de la Communaut\u00e9 de Madrid un \u00e9tat de gr\u00e2ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0La mise en sc\u00e8ne de Jose Carlos Plaza \u00e0 la fois moderne, inventive et totalement au service de la musique de Sorozabal r\u00e9cup\u00e8re son op\u00e9ra Juan Jose et lui restitue une place de premier plan dans le r\u00e9pertoire lyrique espagnol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cr\u00e9dit photo\u00a0: Fernando Marcos<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>5 &#8211; 19 f\u00e9vrier 2016&#8211; \u00a0Teatro de la Zarzuela, Madrid Cr\u00e9ation mondiale de Juan Jose, op\u00e9ra en 3 actes de Pablo Sorozabal\u00a0livret d&rsquo;apr\u00e8s la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Joaquin Dicenta;\u00a0mise en sc\u00e8ne Jos\u00e9 Carlos Plaza;\u00a0direction musicale Miguel Angel Gomez Martinez avec dans les r\u00f4les principaux : Carmen Solis \u2013 Rosa (soprane), Silvia Vazquez \u2013 To\u00f1uela &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":4,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6938\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}