{"id":8104,"date":"2016-06-01T10:16:24","date_gmt":"2016-06-01T10:16:24","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=8104"},"modified":"2016-12-15T16:16:13","modified_gmt":"2016-12-15T16:16:13","slug":"un-long-voyage-vers-la-folie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=8104","title":{"rendered":"Un long voyage vers la folie\/Barychnikov-Nijinski"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Letter to a man,<\/strong><\/em>mise en sc\u00e8ne, sc\u00e9nographie et \u00e9clairage Robert Wilson<\/p>\n<p>avec Mikha\u00efl Barychnikov\u00a0bas\u00e9 sur Le journal de Vaclav Nijinski<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>texte Christian Dumais-Lvowski,\u00a0dramaturgie Darryl Pinckney,<\/em><em>musique Hal Willner \u00a0costumes Jacques Reynaud,\u00a0<\/em><em>collaboration pour les mouvements et le texte parl\u00e9 Lucinda Child<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8111\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov7.jpg\" alt=\"Barychnikov7\" width=\"500\" height=\"322\" data-id=\"8111\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov7.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov7-78x50.jpg 78w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0Apr\u00e8s leur premi\u00e8re cr\u00e9ation commune de La vieille femme d&rsquo;apr\u00e8s le r\u00e9cit de l&rsquo;\u00e9crivain russe Danill Harms, Robert Wilson et Mikha\u00efl Barychnikov se retrouvent pour faire un voyage dans l&rsquo;esprit du c\u00e9l\u00e8bre danseur et chor\u00e9graphe russe Vaclav Nijinski.\u00a0Letter to a man est bas\u00e9 sur Le journal de Nijinski, en l&rsquo;occurrence sur l&rsquo;\u00e9pisode de sa lutte dramatique contre la maladie, la schizophr\u00e9nie, qui peu \u00e0 peu prend possession de son esprit. 1945, derni\u00e8res semaines de la IIe Guerre Mondiale, Budapest o\u00f9 Nijinski et sa femme trouvent refuge. Dans les rues d\u00e9truites les batailles entre les soldats allemands et russes font rage.\u00a0Nijinski, dont la sant\u00e9 mentale a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9grader \u00e0 la fin de la Iere Guerre Mondiale, secou\u00e9 par la trag\u00e9die de la IIe Guerre, affronte son propre drame. Son Journal, son unique lien avec lui-m\u00eame et le monde, t\u00e9moigne de son courage et de sa volont\u00e9 de comprendre ce qui lui arrive. Quand il cesse de l&rsquo;\u00e9crire c&rsquo;est comme si derri\u00e8re le rideau qui tombait sur sa vie restait encore \u00e0 tourner la page de la mort.\u00a0Pour Bob Wilson, qui d&rsquo;apr\u00e8s Barychnikov est un danseur frustr\u00e9, le th\u00e9\u00e2tre est danse. Il cr\u00e9e dans Letter to a man un th\u00e9\u00e2tre mental, une sc\u00e8ne de l&rsquo;esprit \u00e9clat\u00e9, fragment\u00e9 de Nijinski dont Barychnikov incarne les mouvements confus des mots, de la pens\u00e9e, les surgissements de lucidit\u00e9, de lumi\u00e8re, happ\u00e9e par les ombres.<\/p>\n\n\t\t<style type=\"text\/css\">\n\t\t\t#gallery-1 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 33%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-8104 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/afficha.info\/?attachment_id=8112'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"310\" height=\"190\" src=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov-5-310x190.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/afficha.info\/?attachment_id=8113'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"310\" height=\"190\" src=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov4-310x190.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov4-310x190.jpg 310w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov4-80x50.jpg 80w\" sizes=\"auto, (max-width: 310px) 100vw, 310px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/afficha.info\/?attachment_id=8114'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"310\" height=\"190\" src=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov2-310x190.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Dans Letter to a man peut-\u00eatre plus que dans d&rsquo;autres spectacles, Bob Wilson arrive \u00e0 une osmose du texte, de la musique, du mouvement et de la sc\u00e9nographie.\u00a0Mikha\u00efl Baryschnikov a lu dans les ann\u00e9es 1970 Le journal de Vaclav Nijinski dont la figure le fascinait depuis sa jeunesse. Robert Wilson lui aussi admirait Nijinski et son engagement artistique. Cette admiration partag\u00e9e pour le grand artiste russe, disciple, ami et amant de Sergue\u00ef Diaghilev, danseur dans ses c\u00e9l\u00e8bres Ballets Russes, les a r\u00e9uni pour cr\u00e9er un spectacle qui se d\u00e9finit par ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas : ce n&rsquo;est pas un spectacle sur la danse ni de danse, pas un spectacle plus ou moins biographique sur Nijinski.\u00a0Un collage des arts, traduit dans un langage sc\u00e9nique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Un spectacle compos\u00e9 de morceaux, bribes de l&rsquo;histoire \u00e9clat\u00e9e dont le spectateur est charg\u00e9 de recomposer la vision po\u00e9tique profonde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Depuis sa rencontre et sa collaboration f\u00e9conde avec Bob Wilson Baryschnikov a pris le go\u00fbt du th\u00e9\u00e2tre m\u00e9tiss\u00e9 avec la danse. \u00c0 la rencontre avec les journalistes il a \u00e9voqu\u00e9, parmi ses projets, pour l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, un spectacle avec Jan Fabre qui a \u00e9crit des textes pour lui et une cr\u00e9ation avec Alvis Hermanis d&rsquo;apr\u00e8s des textes du po\u00e8te russe Josef Brodski.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 Le titre Letter to a man fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;intimit\u00e9 de Nijinski avec Sergue\u00ef Diaghilev. Bob Wilson et Mikha\u00efl Baryschnikov saisissant la substance m\u00eame du Journal de Nijinski dont certains passages rappellent Dosto\u00efevski, font entendre et mat\u00e9rialisent sur sc\u00e8ne sa voix int\u00e9rieure si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, son face-\u00e0-face avec la r\u00e9alit\u00e9 quasi insoutenable. Baryschnikov ne s&rsquo;identifie pas \u00e0 Nijinski. Costume noir, chemise blanche, visage maquill\u00e9 de blanc, sourcils et yeux soulign\u00e9s en noir. Au tout d\u00e9but du spectacle le portrait de Vaclav Nijinski est suspendu sur le rideau ferm\u00e9, comme une sorte de couverture du livre, son Journal, dont on va feuilleter les pages. Sur le plateau deux panneaux lat\u00e9raux noirs qui laissent au milieu un espace ouvert dans lequel, dans la premi\u00e8re s\u00e9quence, appara\u00eet Baryschnikov assis sur une chaise, unique \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nique.\u00a0La dramaturgie sc\u00e9nique est con\u00e7ue comme un collage d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments disparates, fragments, morceaux \u00e9clat\u00e9s, bribes de phrases, musiques diverses, couleurs changeantes dans l&rsquo;espace fragment\u00e9 par les \u00e9clairages.\u00a0Les divers registres musicaux mena\u00e7ant, strident, all\u00e8gre, m\u00e9lodies de com\u00e9dies musicales am\u00e9ricaines, cr\u00e9ent des images, dramatisent, \u00e9voquent, prolongent les phrases tronqu\u00e9es, confuses, arrach\u00e9es \u00e0 l&rsquo;esprit malade, d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9.\u00a0Les mots, phrases inachev\u00e9es dits en russe par Baryschnikov et en anglais par la voix off de Lucinda Childs : r\u00e9p\u00e9titions d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es de certaines phrases qui sont ses ultimes points de rep\u00e8res, des attaches avec la r\u00e9alit\u00e9, dessinent l&rsquo;univers int\u00e9rieur de Nijinski de plus en plus opaque, dont le sens s&rsquo;\u00e9vade. Il essaie de r\u00e9sister, de s&rsquo;accrocher \u00e0 quelques souvenirs en r\u00e9p\u00e9tant obstin\u00e9ment \u00abje me rappelle\u00bb. Ainsi surgissent des souvenirs de la guerre, de sa relation avec Diaghilev. Il \u00e9voque sa femme, parle de l&rsquo;amour, de la mort, de Dieu \u00ab je n&rsquo;ai pas peur de Dieu, je n&rsquo;ai pas peur de tomber dans l&rsquo;ab\u00eeme \u00bb, tente de refixer son identit\u00e9. Tel un naufrag\u00e9 accroch\u00e9 \u00e0 la bou\u00e9e de sauvetage il r\u00e9p\u00e8te son nom \u00ab je suis Nijinski \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-8115\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov3.jpg\" alt=\"Barychnikov3\" width=\"196\" height=\"327\" data-id=\"8115\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov3.jpg 300w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Barychnikov3-30x50.jpg 30w\" sizes=\"auto, (max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Baryschnikov d\u00e9ploie son art du langage gestuel, ses mouvements esquissent dans l&rsquo;espace les mots qui lui manquent ou se brouillent dans sa t\u00eate. \u00c0 un moment il joue, danse avec sa chaise.\u00a0Parmi les multiples images d&rsquo;une grande force po\u00e9tique celle o\u00f9 on le voit d\u00e9doubl\u00e9 par son ombre. La s\u00e9quence finale est particuli\u00e8rement bouleversante : il est assis la t\u00eate en bas sur la chaise suspendue. Puis il sort d&rsquo;un petit cadre de sc\u00e8ne avec un rideau rouge, avance vers le public, revient vers le fond, se retourne en disant \u00ab\u00a0Vaclav Nijinski\u00a0\u00bb et dispara\u00eet derri\u00e8re le petit rideau rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cr\u00e9dit photo: Lucie Jansch<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<span class=\"dates-evenement\">12 &#8211; 15 mai 2016<\/span> &#8211;<span class=\"lieu-evenement\">Teatros del Canal de Madrid ,\u00a0<\/span>\u00a0<span class=\"dates-evenement\">23-26 juin 2016<\/span><span class=\"lieu-evenement\">&#8211; <\/span>F<span class=\"lieu-evenement\">estival Les Nuits de Fourvi\u00e8re, Lyon; <\/span><span class=\"dates-evenement\">15 d\u00e9cembre \u00a02016<\/span> <span class=\"lieu-evenement\">&#8211; <\/span><span class=\"dates-evenement\">21 janvier 2017<\/span><span class=\"lieu-evenement\"> &#8211; Th\u00e9\u00e2tre de la Ville (Espace Cardin),Paris<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Letter to a man,mise en sc\u00e8ne, sc\u00e9nographie et \u00e9clairage Robert Wilson avec Mikha\u00efl Barychnikov\u00a0bas\u00e9 sur Le journal de Vaclav Nijinski texte Christian Dumais-Lvowski,\u00a0dramaturgie Darryl Pinckney,musique Hal Willner \u00a0costumes Jacques Reynaud,\u00a0collaboration pour les mouvements et le texte parl\u00e9 Lucinda Child &nbsp; \u00a0 \u00a0 \u00a0Apr\u00e8s leur premi\u00e8re cr\u00e9ation commune de La vieille femme d&rsquo;apr\u00e8s le r\u00e9cit de &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8104","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8104","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8104"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8104\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8104"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8104"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8104"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}