{"id":8133,"date":"2016-05-07T16:02:26","date_gmt":"2016-05-07T16:02:26","guid":{"rendered":"http:\/\/afficha.info\/?p=8133"},"modified":"2016-06-01T16:10:36","modified_gmt":"2016-06-01T16:10:36","slug":"les-sortileges-de-la-fura-dels-baus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afficha.info\/?p=8133","title":{"rendered":"Les sortil\u00e8ges de la Fura dels Baus"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0<span class=\"dates-evenement\">6 &#8211; 8 mai 2016<\/span> &#8211;<span class=\"lieu-evenement\">Teatros del Canal, Madrid\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;amour sorcier El fuego y la palabra<\/strong> de Manuel de Falla\u00a0<\/p>\n<p><em>mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie Carlus Padrissa,\u00a0direction musicale Manuel Coves<\/em><\/p>\n<p><em>Orchestre de la Communaut\u00e9 de Madrid<\/em><\/p>\n<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8134\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura135-4.jpg\" alt=\"AmorBrujofura135 (4)\" width=\"500\" height=\"334\" data-id=\"8134\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura135-4.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura135-4-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<em> \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00ab Je suis la voix de ton destin !<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 je suis le feu dans lequel tu t&#8217;embrases !<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0je suis le vent que tu soupires !<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 je suis la mer dans laquelle tu naufrages !\u00bb<\/em>(Maria de la O Lajarraga)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 La Fura dels Baus ne cesse d&rsquo;\u00e9tonner par son audace, son go\u00fbt de provocation et de conqu\u00eate. La voici souveraine, d\u00e9ployant sa puissante magie hypnotique, r\u00e9inventant L&rsquo;amour sorcier, le c\u00e9l\u00e8bre ballet de Manuel de Falla, sans doute le summum de son art. \u00a0Le spectacle L&rsquo;amour sorcier de la Fura dels Baus, commande du Festival International de Musique et de Danse de Grenade pour c\u00e9l\u00e9brer le centenaire de la cr\u00e9ation du ballet par Manuel de Falla, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en juillet 2015 dans les ar\u00e8nes de Grenade et continue en 2016 sa tourn\u00e9e triomphale.\u00a0Carlus Padrissa (n\u00e9 en 1959) fondateur en 1979 du c\u00e9l\u00e8bre groupe la Fura dels Baus est pass\u00e9 depuis une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;op\u00e9ras parmi lesquels : La damnation de Faust de Berlioz, La fl\u00fbte enchant\u00e9e de Mozart, Le journal d&rsquo;un disparu de Janacek, Le ch\u00e2teau de Barbe Bleue de Bart\u00f3k, Tannh\u00e4user de Wagner.\u00a0Cent ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de L&rsquo;amour sorcier par Manuel de Falla, Carlus Padrissa propose une nouvelle version de l&rsquo;\u0153uvre en ins\u00e9rant dans la partition d&rsquo;autres compositions de de Falla qui permettent de d\u00e9velopper l&rsquo;histoire racont\u00e9e. Ainsi sa version en cinq sc\u00e8nes inclut-elle Nuits dans les jardins d&rsquo;Espagne, la danse de La vie br\u00e8ve et culmine avec la jota finale du Sombrero de tres picos.\u00a0Manuel de Falla fusionne remarquablement dans ce ballet la musique populaire andalouse avec les arrangements de la musique moderne.\u00a0Carlus Padrissa r\u00e9ancre davantage ce ballet dans le terroir andalou en donnant plus d&rsquo;importance au texte, le manuscrit de la po\u00e9tesse andalouse Maria de la O Lajarraga et au parties chant\u00e9es interpr\u00e9t\u00e9es par la chanteuse flamenco Esperanza Fernandez qui joue le r\u00f4le de la gitane Candelas. Pol Jimenez, auteur de la chor\u00e9graphie, incarne le personnage de Carmelo. Huit danseurs font tous les autres personnages. Miguel Angel Contes joue les passages flamenco \u00e0 la guitare.\u00a0En recourant \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments habituels de son esth\u00e9tique : constructions ou objets m\u00e9caniques, technologie sophistiqu\u00e9e, effets sp\u00e9ciaux, projections, \u00e9l\u00e9ments naturels, ici l&rsquo;eau et le feu, la Fura dels Baus cr\u00e9e une vision po\u00e9tique et tr\u00e8s plastique de L&rsquo;amour sorcier en r\u00e9ussissant une fusion parfaite du th\u00e9\u00e2tre, de la musique et de la danse.\u00a0Carlus Padrissa rend hommage \u00e0 la po\u00e9tesse andalouse Maria de la O Lejarraga, co-auteur avec son mari du livret de L&rsquo;amour sorcier et dont le nom avait disparu dans la version originale de l&rsquo;\u0153uvre. Il lui restitue sa part d&rsquo;auteur en recourant dans sa version uniquement \u00e0 son texte et en inscrivant sa signature \u00e0 la fin du spectacle dans une tr\u00e8s belle image : Candelas dans une petite nacelle avec une grande lettre O surplombant la sc\u00e8ne.\u00a0Le sous-titre du spectacle Le feu et la parole est aussi une r\u00e9f\u00e9rence au texte passionn\u00e9, br\u00fblant comme le feu, de Maria de la O Lejarraga.\u00a0Il rend \u00e9galement hommage \u00e0 Jose Val del Omar (1904 &#8211; 1988) Granadin, ami de Manuel de Falla et de Federico Garcia Lorca, avant-gardiste, inventeur de nouvelles techniques de cin\u00e9ma, en int\u00e9grant dans le spectacle \u00e0 travers des projections les images qu&rsquo;il a r\u00e9alis\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8135\" src=\"http:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura129.jpg\" alt=\"AmorBrujofura129\" width=\"500\" height=\"333\" data-id=\"8135\" srcset=\"https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura129.jpg 500w, https:\/\/afficha.info\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/AmorBrujofura129-75x50.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Carlus Padrissa modernise l&rsquo;argument du ballet. Candelas, une gitane, d\u00e9couvre l&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9 de son amant Carmelo. D\u00e9vor\u00e9e par la jalousie elle n&rsquo;est pas dispos\u00e9e \u00e0 se faire abandonner. Elle d\u00e9cide de reconqu\u00e9rir son amant et se rend \u00e0 la grotte d&rsquo;une sorci\u00e8re pour lui demander d&rsquo;op\u00e9rer un charme. Ne la trouvant pas dans la grotte (dans notre monde il n&rsquo;y a plus de sorci\u00e8res) Candelas accomplit elle-m\u00eame le rituel. Mais dans la version de la Fura il s&rsquo;agit d&rsquo;un rituel de passage de l&rsquo;ignorance \u00e0 la connaissance, d&rsquo;une prise de conscience de la force de la parole, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle elle peut reconqu\u00e9rir son amant.\u00a0Pendant l&rsquo;ouverture du ballet sur le rideau en tulle sont projet\u00e9es des images de nuages. Puis, depuis la salle, inclue dans la mise en sc\u00e8ne, arrive le couple d&rsquo;amants en blanc.\u00a0\u00c0 plusieurs reprises certaines s\u00e9quences du ballet se d\u00e9ploient dans divers endroits de la salle. Sur sc\u00e8ne appara\u00eet une \u00e9norme construction sur roulettes en forme de triangle barr\u00e9 \u00e9voquant la lettre A, avec d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une sorte de fourche et de l&rsquo;autre une roue dans lesquelles \u00e9voluent les danseurs dans des mouvements quasi acrobatiques.\u00a0La chor\u00e9graphie envo\u00fbtante, dessine des situations, narre l&rsquo;histoire \u00e0 travers des mouvements sculpturaux qui cr\u00e9ent des images extr\u00eamement plastiques travaill\u00e9es par les \u00e9clairages, les effets lumineux, jouant sur les contrastes, le clair-obscur, les couleurs vives.\u00a0Une fois de plus la Fura fait montre \u00e0 la fois de son sens extraordinaire de la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, de sa ma\u00eetrise in\u00e9galable des moyens techniques et de sa capacit\u00e9 \u00e0 synth\u00e9tiser dans son langage mouvements des corps, musique, voix, effets visuels.\u00a0Pas de gags ni d&rsquo;effets inutiles, gratuits, dans la mise en sc\u00e8ne d&rsquo;une extr\u00eame coh\u00e9rence.\u00a0Pol Jimenez en Carmelo est \u00e9blouissant \u00e0 la fois comme danseur et acteur. Esperanza Fernandez en Candelas hypnotise par sa pr\u00e9sence et sa voix tant dans les parties chant\u00e9es que parl\u00e9es.\u00a0Parmi de tr\u00e8s belles s\u00e9quences celle o\u00f9 un groupe de danseuses en robes et mantilles blanches versent de l&rsquo;eau sur le plateau en communiant ainsi dans leur danse avec la nature. Dans une autre s\u00e9quence les danseurs en costumes noirs, \u00e9voquant des chauves-souris, projettent de l&rsquo;eau avec des pistolets \u00e0 eau, le bruit de l&rsquo;eau se m\u00eale avec la musique. Ou encore une image splendide, r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une ritualit\u00e9 ancestrale, des danseurs hommes arrivant sur sc\u00e8ne avec des torches allum\u00e9es, tels des porteurs du feu sacr\u00e9.\u00a0On est subjugu\u00e9 par certaines images a\u00e9riennes, comme par exemple celle de deux danseuses qui se balancent, suspendues \u00e0 un c\u00e2ble, la t\u00eate en bas.\u00a0La Fura, virtuoses de son art, ne d\u00e9livre ici aucun message, mais on per\u00e7oit nettement dans sa lecture de L&rsquo;amour sorcier une vision de la femme lib\u00e9r\u00e9e ma\u00eetresse de la parole, de son corps et de sa passion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cr\u00e9dit photo:\u00a0Teatros del Canal<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a06 &#8211; 8 mai 2016 &#8211;Teatros del Canal, Madrid\u00a0 L&rsquo;amour sorcier El fuego y la palabra de Manuel de Falla\u00a0 mise en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographie Carlus Padrissa,\u00a0direction musicale Manuel Coves Orchestre de la Communaut\u00e9 de Madrid &nbsp; \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00ab Je suis &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":4,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8133","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8133","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8133"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8133\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8133"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8133"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afficha.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8133"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}